Cenntro Motors France : un plan social d'ici 3 à 6 mois?

Denis Lafay
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Le « patron » de Cenntro Motors France partage avec son prédécesseur Pierre Millet une même affabilité et, sur la foi de certaines confessions, inspire une confiance similaire. Didier Verriest, de nationalité américaine, est un professionnel reconnu de l'automobile et à ce titre fut décisif pour crédibiliser le projet de reprise de Cenntro. N'a-t-il pas exercé l'essentiel de sa carrière chez Renault Nissan, aux Etats-Unis puis en Asie, avant de retrouver Louis Schweitzer chez Volvo et d'intégrer en 2011 une « petite start up », Cenntro Motors Group, fondée par Peter Wang, un Sino-Américain ancien collaborateur de Bill Gates et qui a fait fortune dans le secteur des télécommunications ?
Né de mère française et donc parfaitement bilingue, Didier Verriest égrène une situation qui dissone gravement de la confiance que témoignent les pouvoirs publics, le préfet Jean-François Carenco en tête. Poussé dans ses retranchements, il concède qu'après six mois d'exercice « la situation est plus difficile que prévue », avoue que reprendre immédiatement 400 salariés « était une folie », reconnait que l'hypothèse d'annoncer un plan social « d'ici 3 à 6 mois » est plausible, décidera avec son employeur « au seuil de l'été 2015 si nous poursuivons notre engagement »... D'inédites et spectaculaires déclarations destinées à exercer quelques pressions bienvenues ou à prévenir publiquement d'une décision peut-être déjà actée au siège social basé au Nevada ?
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Tout aussi inquiétant, s'il tient à saluer « la bonne volonté » de l'essentiel d'un corps social « formaté » pendant un demi-siècle et, selon le délégué CFE-CGC François B., « dont l'âge et l'ancienneté moyens frôlent respectivement les 50 et 25 ans », Didier Verriest accuse de substantiels retards dans la réorganisation de la production - « le déménagement des chaînes de montage aurait du s'effectuer en 6 semaines ; 6 mois plus tard le processus n'est pas achevé ».
Denis Lafay