A. Saubot : « Il faut arrêter la machine à produire de la norme »
Yann Petiteaux
Yann Petiteaux
Quand ont interroge nos industriels, on constate que la situation a cessé de se dégrader. Le contexte est marqué par une forte baisse de l'euro, des prix du pétrole et des taux d'intérêt. On annonce une croissance de 1 % en France, mais ce n'est pas suffisant, car il faudrait près de 2 % pour commencer à faire reculer le chômage. Ce qui manque aujourd'hui, c'est la confiance. Or l'environnement réglementaire et fiscal est incertain. Cela dissuade les entrepreneurs de prendre des risques, donc d'investir et de créer des emplois. Je suis d'un naturel confiant. Le pacte de responsabilité va dans la bonne direction, mais nous devons être sûr que ces décisions s'inscrivent dans le temps. Par ailleurs, le pacte ne peut pas être l'alpha et l'oméga d'une politique pro entreprises.
L'industrie française a besoin de rattraper une période de sous-investissement. Pour l'y aider, il faut mettre en œuvre un triple choc réglementaire, fiscal et de confiance. En clair, il est nécessaire d'arrêter la machine à produire de la norme et de la contrainte sur nos entreprises. Je ne dis pas que chaque norme, prise isolément, soit illégitime. Mais l'accumulation de textes rend l'exercice difficile pour nos entreprises. Chez Haulotte par exemple, en deux années de choc de simplification, le nombre de règles auquel nous sommes soumis a progressé de 10 % ! L'argent que nous mobilisons pour y répondre, nous ne l'employons pas pour embaucher ou investir.
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Oui, je n'ai aucun doute là-dessus. Je rappelle que l'industrie représente en France 90 % des exportations et 80 % des investissements en R&D. Elle est au cœur de l'inversion de la courbe de la croissance. Le problème, c'est que l'on a mis une chape sur cette activité et cela l'empêche de donner sa pleine mesure. Or j'aime dire que l'industrie de demain s'appuie à la fois sur l'industrie du présent et un code du travail du futur.
Yann Petiteaux
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