Hausse des coûts de production, des transports, etc… Le prix des jouets n’échappe pas, lui aussi, à l’inflation. Pourtant, à deux mois de Noël et dans un contexte de forte tension sur le pouvoir d’achat, les acteurs de la filière table sur Noël "presque normal" et estiment que le marché pourrait se montrer résilient. Avec la conviction que même dans les périodes plus difficiles, "Noël représente en général une échappatoire". Une vision que soutient l’enseigne rhônalpine King Jouet, qui investit et poursuit son développement commercial, jusque sur le marché de la seconde main.Avec 3,8 milliards d'euros de produits vendus en 2021, la France est devenue le premier marché européen du jouet.
Malgré l'inflation à laquelle les prix du jouet n'échappent pas, et un pouvoir d'achat qui se tend pour les consommateurs, les acteurs de la filière comptent bien maintenir cette position cette année, en confirmant une tendance « au moins stable, sinon positive », précise Philippe Gueydon, co-président de la FCJPE (Fédération des commerces spécialistes du jouet et des produits de l'enfant) et également patron de King Jouet. Le groupe isérois regroupe 1.800 salariés au sein d'un réseau de 400 magasins pour un chiffre d'affaires 2021 à 400 millions d'euros.
A la mi-septembre, le chiffre d'affaires du secteur s'affichait justement en léger recul par rapport à 2021(-0,6%) mais en croissance tout de même de +5% par rapport à 2019, l'année de référence pré-covid.
Chez les spécialistes du jouet, la tendance est même jugée particulièrement bonne cette année, avec une croissance attendue de +5% pour le moment en 2022. Et Noël devrait venir accélérer les compteurs, en jouant sa traditionnelle carte de l'accélération.
C'est en tout cas ce qu'espèrent les professionnels du jouet, à deux mois du passage du traineau du grand bonhomme rouge.
+6% sur les prix du jouet mais résilience du marché
Selon le panéliste NPD Group, en partenariat avec la Fédération française des industries jouets-puériculture et la Fédération des commerces spécialistes des jouets et des produits de l'enfant, le prix du jouet a enregistré une inflation à +6% en août dernier. En cause : d'un côté, les hausses de coûts de production des fabricants de jouets (énergie, salaires, matériaux etc), de l'autre, la progression des charges des distributeurs.
« Le coût d'impression de nos catalogues a bondi de +30% en un an, celui de l'énergie dans nos magasins explose. Pour King Jouet par exemple, l'énergie représentait l'année dernière 0,6% de notre chiffre d'affaires, désormais nous en sommes à 1,5%. Sur des marges moyennes de 3 à 5%, cela pèse lourd », explique Philippe Gueydon.
Stéphanie Gallo Triouleyre