Comment attirer de nouveaux collaborateurs ? La question remue bon nombre d'employeurs dans le contexte actuel de plein emploi. Exotec, première « licorne » industrielle française - non cotée, mais dont la valorisation est supérieure à 1 milliard d'euros - n'y échappe pas. Et c'est même pour cette raison principale que le concepteur et fabricant français de robots et de logiciels, destinés au secteur logistique, a choisi de s'étendre pour la première fois dans l'hexagone, en dehors de son siège de Croix (près de Roubaix, Nord), à Lyon. Premier objectif, de taille pour l'entreprise en pleine croissance : enrichir son vivier en accédant « à un nouveau bassin d'emploi », décrit Romain Heitz, CEO et cofondateur. Notamment dans l'ingénierie, avec l'ouverture d'une antenne de 25 personnes dédiée à la recherche et au développement de logiciels software dans la capitale des Gaules.
Car la start-up, valorisée pour la dernière fois à 2 milliards de dollars en janvier 2022, récolte depuis quelques années les premiers fruits d'un développement fulgurant : Carrefour, Leclerc, Cdiscount, Decathlon, Uniqlo au Japon. La flexibilité de ses robots « skypods » standardisés (même taille, même couleur, livraison de lignes modulables « A à Z ») séduit les grands distributeurs comme les entreprises et les magasins, dans l'idée d'une optimisation du temps de préparation, où l'emploi, lui, « monte en compétences », estime Romain Heitz. Car dans sa vision, sur un site moyen de 30.000 boîtes (les unes sur les autres, sur dix mètres de haut), un entrepôt compte une centaine de robots et une dizaine d'opérateurs, décrit le cofondateur. Ce modèle a généré l'année dernière un chiffre d'affaires de 155 millions d'euros, « et devrait doubler cette année », annonce le codirigeant, qui a créé Exotec en 2015.