Les Compagnons du devoir, entre tradition et innovation
Françoise Sigot
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À quelques pas de la plus ancienne maison des Compagnons du devoir, dans le 9e arrondissement de Lyon, pousser la porte du centre de formation des métiers du bâtiment de Vaise revient à se heurter à un contraste saisissant. Alors que l'on pénètre dans une enceinte où une centaine de jeunes apprennent un métier du bâtiment, le lieu est calme et, curieusement, presque désert. « Nombreux se trouvent en entreprise, puisque nous fonctionnons selon le principe de l'alternance », justifie Jean-Paul Decressac, délégué régional Auvergne-Rhône-Alpes des Compagnons du devoir, qui forment chaque année 10 000 jeunes en France. Les autres, en période de « cours », s'affairent à leur tâche avec une application non feinte, sous le regard bienveillant et exigeant de leur formateur, à peine plus âgé qu'eux et déjà compagnon.
Entré chez les Compagnons du devoir à 14 ans, il a déjà passé dix ans au sein de cette institution, dont huit consacrés à son tour de France. Une expression singulière de l'exigence, mais aussi et surtout de l'engagement des compagnons pour leur métier. Il faut dire que s'ils ne connaissent pas la passion du métier, le rendez-vous sera forcément manqué. Et sans l'amour du collectif, du partage, de la rigueur et de la vie en communauté, il le sera aussi.
Françoise Sigot