Le ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran, avait retenu 22 sites pilotes pour expérimenter dès janvier 2021 le service d'accès aux soins (SAS), annoncé le 9 septembre 2019 comme mesure du Pacte de refondation des urgences et réaffirmé dans le cadre du Ségur de la santé.
Le 1er février dernier, le service d'accès aux soins du Rhône (SAS 69) était en effet le premier des 22 sites pilotes retenus à être opérationnel. Quelques mois plus tard, le 28 septembre, la création du SAS 69 a été officialisée à travers la signature d'une convention établie désormais entre l'URPS médecins libéraux d'Auvergne-Rhône-Alpes et les Hospices civils de Lyon (HCL).
Car le SAS 69 repose sur un partenariat entre les professionnels de l'urgence hospitalière et les professionnels de médecine libérale, et vise à fédérer l'ensemble des acteurs de soin de première ligne du territoire, en organisant l'aide médicale urgente et en contribuant à la structuration des soins de ville non programmés. L'ambition : couvrir un bassin de population de deux millions d'habitants, sans faire doublon face aux dispositifs existants :
"Le Samu-Centre 15 existe depuis plusieurs dizaines d'années. Mais il fallait rehausser la qualité de fonctionnement de ces centres de réception des appels (CRA) avec des objectifs de qualité, des nouveaux métiers et réfléchir aux types de réponses, les effecteurs, que l'on donne aux personnes qui nous appellent",expliquele Pr Karim Tazarourte,chef du Samu et des urgences à l'hôpital Édouard Herriotà Lyon.
Car avant la mise en place du SAS, "sur 10 appels au Samu, 5 relevaient de la médecine d'urgence et 5 de la médecine générale", selon les premiers constats effectués sur le terrain. "Nous sommes confrontés de plus en plus à des personnes qui n'ont pas de médecins traitants, ou qui n'ont pas la possibilité de le voir rapidement, ou encore à des demandes de soins non programmés. Il fallait que nous nous organisions afin que les réponses données ne soient pas systématiquement un passage aux urgences", expose le Pr Karim Tazarourte.