A l'aube du premier anniversaire du Ségur de la Santé, qu'est-ce qui (n')a (pas) changé ?
Anne-Gaëlle Moulun
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Dans quelques semaines, l'accord du Ségur de la santé fêtera son premier anniversaire. Depuis, il a déjà été complété par le gouvernement, qui a annoncé deux nouveaux accords fin mai qui permettront aux personnels soignants de bénéficier d'une...
Alors qu'une nouvelle étape de la crise sanitaire se matérialise, ce jeudi, par la fin du masque en extérieur annoncée par Jean Castex et la descente en charge progressive des services d'urgence, que reste-t-il de l'accord du Ségur de la Santé, scellé il y a près d'un an, en juillet 2020 ? Destiné à adapter l'organisation du système de soins, de la recherche et de l'innovation, les promesses de cet accord, qui voulait poser un nouveau jalon dans le domaine de la santé, ont-elles été tenues ?
Le 21 juillet 2020, Olivier Véran, le ministre de la Santé, avait présenté les conclusions du Ségur de la santé. L'objectif ? Assurer une meilleure reconnaissance et revalorisations salariales aux professions de la santé, et notamment aux personnels hospitaliers et des EHPAD. Avec, notamment 8,2 milliards d'euros par an à la clé pour revaloriser les métiers des établissements de santé de l'aide aux personnes fragiles.
Un an après, lors du Forum Santé Innovation organisé par La Tribune, Jean-Louis Touraine, député du Rhône et médecin, revenait sur l'importance d'un tel plan : "il y avait urgence dans la médecine de ville et la médecine hospitalière, à redonner une considération à tous les acteurs du système de santé. Il y a plus de 150 métiers de santé dans le seul hôpital public et tous ces métiers étaient l'objet d'une déconsidération progressive : moins de respect, moins de salaire, moins de moyens".
La première mesure aura donc été de revaloriser les salaires. Néanmoins, reconnaît Jean-Louis Touraine, "le système s'est dégradé en l'espace de 20-25 ans, ce n'est donc pas en quelques mois qu'il pouvait être reconstruit".
Selon lui, bien que les revalorisations salariales proposées atteignent un niveau désormais proche de la moyenne européenne, "cela ne veut pas dire que c'est suffisant, car il faut accroître l'attractivité", estime-t-il.
"Remettre de l'optimisme dans le système de santé"
Le deuxième objectif du Ségur était un plan de relance pour le système de santé, avec 19 milliards d'euros prévus d'ici les 10 ans à venir.
"C'est davantage en 10 ans que ce qui a été accordé pendant les 20 années précédentes", se félicite Jean-Louis Touraine, qui note que le gouvernement prévoit"une reprise de la dette des hôpitaux, une déconcentration et parfois une timide régionalisation".
"Ne me demandez pas aujourd'hui que nous ayons toutes les recettes en quelques mois, mais la volonté est là. Nous voulons remettre de l'optimisme dans le système de santé", souligne-t-il.
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Le Pr André Grimaldi, professeur émérite au CHU Pitié Salpêtrière à Paris, se déclare pour sa part "sceptique" par rapport aux annonces et aux promesses.