Sur le terrain de la bioproduction, on sonne le rassemblement. Alors que la crise a fait apparaître des enjeux de souveraineté nationale dans la production de thérapies traditionnelles mais aussi innovantes, l'heure semble désormais au défi de la bioproduction.
Même si, selon Florence Agostino, directrice générale du pôle de compétitivité Lyonbiopôle, la région Auvergne Rhône-Alpes, qui héberge les sièges d'un certain nombre de laboratoires pharmaceutiques (Sanofi, Institut Mérieux, Boehringer Ingelheim, etc), était déjà sur le pied de guerre : "La crise Covid a mis en lumière ce sujet et l'a fait sortir des cercles de spécialistes, mais cela fait longtemps que la prise de conscience existait en AuRA, avec des activités de bioproduction des grands laboratoires, mais également de projets collaboratifs qui ont vu le jour comme Accinov (un projet de plateforme d'innovation plug & play pour les phases d'industrialisation des biotech lancé par Lyonbiopôle en 2014, puis repris par la biotech ABL, ndlr)".
Mais comme à l'échelle nationale, les industriels et biotechs font face à des enjeux de productions en volume : "Aujourd'hui, on a besoin d'infrastructures pour passer à l'échelle et sortir des laboratoires. Cela se traduit à la fois par des investissements importants à réaliser et des équipements de productions à repenser". Elle cite en exemple le cas de l'ex-plateforme Accinov, où près de la moitié de la surface utile était occupée par les équipements destinés à faire tourner la plateforme, tandis que 10 à 20% des investissements annuels devaient être fléchés vers la maintenance et la surveillance de ces équipements de pointe.
Le groupe Sanofi, placé sous le feu des critiques au cours des dernières semaines, s'était néanmoins préparé à amorcer ce virage. Pour lui, les biomédicaments représentent déjà près 70% de sa recherche et développement, et 700 millions d'euros chaque année. Et la crise actuelle n'a fait que renforcer ses ambitions dans ce domaine.