La biopharma lyonnaise Fabentech est la première à bénéficier du nouvel outil de financement européen, HERA Invest, destinée à soutenir les PME européennes engagées dans le développement d’antidotes et de vaccins contre les menaces biologiques, naturelles et terroristes. Elle rafle même un cinquième du budget. Fabentech vise le développement de plusieurs nouveaux traitements, dans les cinq prochaines années, destinés à répondre aux situations d'urgence biologique.Fabentech va recevoir, en trois tranches réparties sur les trois prochaines années, une avance remboursable de 20 millions d'euros de la part de la Banque Européenne d'Investissement (BEI).
Une avance, dont les taux d'intérêts seront amarrés aux futurs succès commerciaux et industriels de la biopharma lyonnaise, spécialisée dans le développement et la production d'anticorps polyclonaux, destinés à répondre aux situations d'urgence liées à des bio-menaces (naturelles ou terroristes).
Sa technologie repose sur la production de fragments d'anti-corps polyclonaux à large spectre, produits à partir d'un procédé licencié par Sanofi Pasteur. Elle compte parmi ses actionnaires l'Institut Mérieux et le fonds spécialisé dans les PME stratégiques de la Défense, Définvest.
Première entreprise européenne financée par HERA Invest
Ce financement est issu d'une initiative d'HERA, la nouvelle autorité européenne (Health Emergency Preparedness and Response), créée en 2021. Après le difficile constat des lacunes en matière de préparation et de coordination sanitaire lors de la crise du Covid-19, HERA a pour mission de coordonner au niveau européen les actions de protection et de réponse aux menaces biologiques naturelles et intentionnelles.
Elle a d'ailleurs eu l'occasion de réaliser ses premières armes opérationnelles récemment face à la menace du virus mpox (anciennement appelé « variole du singe »), avec la négociation de plusieurs centaines de milliers de vaccins pour le compte des états membres. Et puis, cette nouvelle autorité a créé l'an dernier HERA invest, un outil de financement de 100 millions d'euros, abondé par le programme EU4Health, qui vise à soutenir la R&D européenne sur les sujets de menaces de santé transfrontalières jugées comme les plus pressantes.
Stéphanie Gallo Triouleyre