Pénurie de médecins : Grenoble, nouveau désert médical ?
Oriane Raffin
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En juin 2023, près de 49.000 Grenoblois étaient sans médecin traitant ou avec un médecin traitant de plus de 60 ans.
DR/ML
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En juin 2023, près de 49.000 Grenoblois étaient sans médecin traitant ou avec un médecin traitant de plus de 60 ans.
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« C'est l'enfer, on est harcelés, nos secrétaires sont harcelées. Parfois, les gens viennent au cabinet et refusent de partir tant qu'ils n'ont pas de rendez-vous ». Comme tous les médecins généralistes grenoblois, le docteur Maxime Maisonneuve, qui exerce dans le centre-ville, s'inquiète de la fermeture annoncée de trois cabinets médicaux, d'ici fin décembre. Avec à la clé, près de 10.000 patients qui se retrouveront sans médecin traitant.
Des départs à la retraite, alors que 46% des médecins généralistes de la capitale des Alpes ont plus de 60 ans, selon les chiffres de l'Agence régionale de santé (ARS). « C'est une situation qui était anticipable et n'a pas été anticipée, déplore le Dr Maisonneuve, vice-président du Conseil de l'Ordre des Médecins de l'Isère. La médecine appartient aux patients, ce sont eux qui seront en difficulté, ainsi que les confrères qui restent ».
En août 2023, la CPTS (communauté professionnelle territoriale de santé) de Grenoble avait mené une enquête visant à recenser les médecins généralistes de la ville. 71 médecins généralistes libéraux avaient alors été comptabilisés, ainsi que 25 médecins salariés au sein de cinq centres de santé. Cela représentait une densité de 6,1 médecins pour 10.000 habitants, contre 9,4 pour le département de l'Isère, 9,1 pour la région et 8,7 en moyenne nationale.
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Pourtant, pour le moment, selon le dernier zonage de l'ARS, datant du 1er janvier 2022, Grenoble ne fait pas partie des territoires les plus critiques, bénéficiant d'importantes aides à l'installation. « On s'est rendu compte que les chiffres de la CPAM n'étaient pas les bons, se souvient Claire Guichou, directrice de la CPTS de Grenoble. Certains médecins généralistes ont un exercice mixte, c'est-à-dire que la médecine généraliste n'est pas leur activité principale. A cela s'ajoute un âge des installés plus élevé qu'ailleurs. On a commencé à paniquer ».
Oriane Raffin