Décrite comme révolutionnaire, la thérapie cellulaire CAR-T cells a déjà permis de traiter 5 200 patients atteints d’un lymphome en France. Les Hospices civils de Lyon expérimentent son usage en première ligne et son développement à d’autres pathologies.Véritable ville dans la ville, l'hôpital Lyon Sud, basé à Pierre-Bénite, en périphérie lyonnaise, fait partie des quarante sites nationaux à disposer d'un service d'hématologie proposant un traitement par CAR-T cells pour soigner certains cancers, majoritairement des lymphomes (tumeurs du système lymphatique constituant la moitié des cancers du sang) qui touchent près de 18.000 nouveaux patients chaque année dans l'Hexagone.
Autorisée depuis 2018 en France, cette thérapie s'appuie sur des cellules, les lymphocytes T, théoriquement capables de reconnaître et détruire les cellules tumorales. Dans le cadre des traitements par CAR-T cells, les lymphocytes T du patient sont prélevés avant d'être modifiés pour devenir des armes contre le cancer.
Concrètement, « un virus vient intégrer d'autres marqueurs pour reconnaître les cellules tumorales, les CAR. Cela donne des super lymphocytes T, les CAR-T cells » , détaille le docteur Pierre Sesques, onco-hématologue à l'hôpital Lyon Sud. Ces cellules sont ensuite multipliées avant d'être conditionnées dans des poches ou des doses, puis injectées aux patients afin de renforcer sa capacité à lutter contre le lymphome.
Cette thérapie cellulaire a déjà bénéficié à près de 5 200 patients dits chimio-réfractaires, c'est-à-dire, pour lesquels la chimiothérapie s'est montrée inefficace (environ 30% des patients atteints d'un lymphome), dont plus de 500 sur le seul site de Lyon Sud, premier en Europe à administrer ce traitement en 2017.
Une solution qui gagne du terrain
Ce traitement présenté comme « révolutionnaire », a fait ses preuves en hématologie.