« Et si la France osait enfin ? », Julia de Funès et Alexandre Mars
Propos recueillis par Lysiane J. Baudu
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... lammarion, l’élite doit se diversifier pour que les talents français donnent enfin la pleine mesure de leurs capacités. L’inclusion sociale et l’intrapreneuriat sont indispensables à la bonne performance des entreprises. [Interview croisée issue de « T » La revue de La Tribune – N°1 Octobre 2020]
Julia de Funès : Je ne suis pas sûre que la France s'enorgueillisse tant que cela de ses talents ! Au contraire, dans l'univers de la tech, on parle surtout de la Silicon Valley ou de la Chine et les Français ont un complexe. Si cela fait partie de notre noblesse que de rester modestes, cela induit un déficit d'assurance et de reconnaissance de nos talents. En outre, la confiance est performative, autrement dit, plus on la développe plus elle s'exerce et plus elle donne lieu à l'excellence. Or c'est ce manque de confiance qui empêche parfois d'aller de l'avant, d'agir, d'entreprendre. Notre pays crève de ne pas oser !
Alexandre Mars : C'est vrai ! On ne s'enorgueillit pas suffisamment de nos talents ! Qui parle de Stéphane Bancel, le dirigeant de Moderna Therapeutics, qui a développé ses compétences en France ? Aujourd'hui, il est à la tête d'une équipe de chercheurs travaillant sur un vaccin contre le Covid-19 à Boston. C'est un Français ! Et à part notre traditionnelle culture dans le luxe et la restauration, on parle très peu de nos ingénieurs exceptionnels et de nos compétences pourtant uniques ! Il existe un plafond de verre en France. Et nos talents sont très mal exploités.
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Alexandre Mars : D'abord, qu'est-ce que l'élite ? Elle devrait certes se diversifier davantage, mais elle a déjà changé ! Aujourd'hui, nous pouvons dire que nous avons une élite d'entrepreneurs et de startuppeurs, et qui ne viennent pas tous des grandes écoles. L'élite et les talents, ce sont deux choses différentes. Cela dit, des programmes comme le dispositif initié en 2001 par Sciences Po et visant à intégrer des jeunes de milieux défavorisés devrait être imité par toutes les autres grandes écoles ! Car il y a un danger évident à miser sur un nombre très réduit de jeunes et qui se ressemblent. Il faut évoluer dans un monde qui évolue.
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Propos recueillis par Lysiane J. Baudu