Cidade Matarazzo, la cité idéale ?
Laurence Bottero
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Sur le papier, le projet est parfait, pensé à la ligne près. Dans la réalité, c'est un ensemble qui est en train de prendre forme, se dessine, se modèle, sous les mains expertes des professionnels de l'acte de bâtir, avec, comme autant de fées penchées sur le berceau du nouveau-né, des architectes de renom, Rudy Ricciotti et Jean Nouvel, et le designer star, Philippe Starck. Du rêve à la réalité, il y a un chantier et surtout une volonté.
Cidade Matarazzo est un projet aussi démesuré que prometteur. L'idée, elle vient d'Alexandre Allard. L'homme d'affaires français, aux vies multiples, se porte propriétaire du lieu en 2011. Un lieu abandonné en partie, oublié, délaissé, qui est devenu le plus grand chantier du Brésil. Il faut dire que ce projet-là est conséquent. Il suffit de considérer les chiffres pour le mesurer : 5 hectares, 30 restaurants, 60 nano-shops, 500 millions d'euros d'investissement, 5 000 personnes mobilisées sur ce chantier qui rassemble 300 entreprises. Gigantesque dans le fond et dans la forme !
L'origine du projet ? Le coup de cœur d'Alexandre Allard pour une ancienne maternité abandonnée depuis 1933, soit près de 90 ans, inscrite au patrimoine historique de la ville de São Paulo. C'est en son sein que va s'ériger le premier hôtel 6* d'Amérique du Sud, complété par un bâtiment somptueux, baptisé Tour Mata Atlântica, elle-même conçue par l'un des architectes contemporains les plus demandés et les plus remarqués : le Français Jean Nouvel. Ce bâtiment d'exception de 25 étages, où le bois, symbole évident de la culture brésilienne, va régner en maître, comprend 150 chambres, 46 occupant l'ancienne maternité, 104 la Tour en elle-même. L'établissement sera opéré par Rosewood, la chaîne hôtelière de luxe née à Dallas, aux États-Unis.
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Qui dit hôtel dit forcément vie autour qui bruisse. Et le propre de Cidade Matarazzo n'est pas de faire gigantesque et hors norme pour le principe, mais d'être la preuve de ce que doit être la ville d'aujourd'hui, peut-être celle de demain. Une ville qui ne peut exister sans centre-ville. Or, le propre de São Paulo est de ne pas avoir de centre-ville. Une souffrance urbaine qu'Alexandre Allard veut réparer, étant ainsi en accord avec sa réflexion globale d'origine. Une ville qui souffre d'un manque de centralité, comment ça se construit, comment ça se pense ? C'est savoir ajouter en équilibre tout ce qui constitue cette centralité : réunir le commerce, la culture, la restauration et la gastronomie, l'artisanat. Une multitude de composantes dont il faut ajuster la présence pour la rendre harmonieuse.
Laurence Bottero