Aspen, Cap Town, Barcelone, Copenhague, Rotterdam, Malaunay… quel point commun entre ces différentes villes ? La prise en compte des questions climatiques via la réduction des coûts énergétiques, la production locale d’une énergie verte, la création de coopératives… (Cet article est issu de "T" La Revue de La Tribune - N°3 Février 2021)La commune d'Aspen avec ses quelque 7 000 habitants, nichée au cœur des Rocheuses dans le Colorado, est réputée pour sa très chic station de ski, considérée comme l'une des plus huppées de la planète. Si sa renommée repose principalement sur ses sports d'hiver et ses nombreuses enseignes de luxe, Aspen cultive aussi d'autres atouts moins connus du grand public. À la pointe de la transition énergétique, elle a été, en 2015, l'une des toutes premières villes américaines à utiliser une électricité issue à 100 % d'énergies renouvelables, provenant essentiellement de centrales hydroélectriques, mais aussi de champs éoliens et d'unités de biogaz. Son activité économique étant étroitement liée à la préservation de l'environnement, la station de ski s'est dotée, dès 2007, d'un plan climat. Une exception à l'époque.
Aujourd'hui, la prise en compte des questions climatiques à l'échelle des villes s'est largement répandue. Mi-2019, plus de 100 000 villes, représentant 10 % de la population mondiale, s'étaient engagées à réduire leurs émissions de dioxyde de carbone (le principal responsable du réchauffement climatique), selon une étude de REN21 (Renewable Energy Policy Network for the 21st Century), un groupe de réflexion sur les énergies renouvelables. D'après ce même rapport, plus de 6 000 villes, essentiellement situées en Europe de l'Ouest, avaient déjà publié un plan climatique détaillé compatible avec les objectifs de l'Accord de Paris, qui vise à contenir le réchauffement de la planète à 1,5 °C en 2100 par rapport à l'ère préindustrielle. Cinquante-huit villes dans le monde étaient même déjà alimentées par une électricité 100 % renouvelable en 2019, selon le décompte de l'Agence internationale des énergies renouvelables (Irena). Elles sont, par ailleurs, 318 à s'être fixé ce même objectif avec des échéances situées entre 2025 et 2050.
Ville en quête d'autonomie
Au-delà des chiffres, l'engagement des villes se traduit aujourd'hui par un mouvement de réappropriation de l'approvisionnement énergétique. Cap Town a ainsi obtenu gain de cause devant la justice contre le gouvernement national. La métropole sud-africaine peut désormais décider librement de son approvisionnement en électricité pour poursuivre sa stratégie ambitieuse de décarbonation. En Espagne, Barcelone a créé, en juillet 2018, sa propre entreprise énergétique, Barcelona Energía, pour fournir de l'énergie renouvelable produite sur place aux habitants de la ville et aux installations municipales.