Rachat de SFR : Numericable triomphant, attendu au tournant sur l’emploi

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Partick Drahi, le premier actionnaire de Numericable. Copyright REA.
Partick Drahi, le premier actionnaire de Numericable. Copyright REA. (Crédits : REA)
L’action du câblo, dont la maison-mère est entrée en négociations exclusives avec Vivendi, s’est envolée de 11% vendredi. Les syndicats de SFR et les ministres demandent à l’actionnaire, Patrick Drahi, de formaliser ses engagements sur le maintien de l’emploi et l’investissement.

"L'avenir commence aujourd'hui", a réagi Patrick Drahi, le président et fondateur d'Altice, la maison-mère de Numericable, choisie par Vivendi pour entamer des négociations exclusives en vue du rachat de SFR. L'action Numericable a terminé la séance de vendredi sur un bond de 11,7%, celle d'Altice à Amsterdam en hausse de 7,4%, tandis que le titre du perdant de la bataille, Bouygues, a reculé de 2,93%.

"Ensemble, nous créerons un champion national et européen du Très haut débit fixe et mobile", a fait valoir le milliardaire très discret du câble, assurant que "ce projet industriel ambitieux et tourné vers la croissance se fera en respectant à la lettre chacun des engagements pris par Altice auprès du gouvernement". Le matin même, Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, s'était emporté violemment contre le magnat du câble, critiquant sa holding Altice de droit luxembourgeois, sa holding personnelle "dans un paradis fiscal à Guernesey", son statut de résident suisse : "il va falloir que M. Drahi rapatrie l'ensemble de ses possessions de ses biens à Paris en France", a lancé le ministre sur Europe 1.

Engagements dans la licence mobile de SFR

Après l'annonce officielle de Vivendi, la ministre déléguée à l'Economie numérique, Fleur Pellerin, plus posée, a "pris acte" de la décision et invité Altice "à préciser et traduire de manière opérationnelle les engagements pris" en matière d'emploi et d'investissement dans le très haut débit. Concrètement, la ministre souhaiterait que ces engagements deviennent juridiquement contraignants et soient inscrits dans la licence mobile de SFR (3G et/ou 4G) au moment du changement de titulaire.

Toutefois il ne pourra s'agir que d'engagements volontaires. Altice sera donc invitée à aller discuter avec le gendarme des télécoms, l'Arcep, qui va justement récupérer sous peu son pouvoir de sanction (l'ordonnance qui rétablit ce pouvoir dont le Conseil d'Etat l'avait privé vient d'être publiée au Journal officiel et doit faire l'objet d'un décret). L'Arcep pourra à nouveau mettre en demeure, prendre des sanctions pécuniaires (jusqu'à 3% du chiffre d'affaires), suspendre un mois, raccourcir d'un an ou carrément retirer la licence en cas de manquement !

Cependant, les engagements portant sur les investissements dans le très haut débit, sujet qui inquiète les collectivités locales, ne pourront figurer dans la licence mobile et il n'existe pas de licence dans le fixe… Il faudra faire une croix sur le tout-fibre jusqu'à l'abonné prôné jusqu'ici dans le plan France Très haut débit. "Il ne faut pas être buté technologiquement, mais il y a un problème industriel de partage de l'investissement", reconnaît un haut fonctionnaire.

Salariés entre étonnement, soulagement et exigences

Sur le front de l'emploi, les syndicats de SFR sont aussi montés au créneau. "Nous demandons que, au cours des trois semaines de négociations exclusives, une rencontre soit organisée avec les partenaires sociaux de Numericable et de SFR et que les engagements pris par Numericable sur le maintien de l'emploi soient formalisés par écrit dans un accord d'entreprise", explique Vanessa Jereb déléguée syndicale centrale de l'Unsa, la première organisation chez SFR. "Les gens ne sont pas en larmes", confie un cadre, qui souligne que ce ne sont encore que des négociations exclusives : "on a accepté de boire un verre, il a mis la main sur le genou, mais ce n'est pas encore fait".

Il y aurait même "une forme de soulagement chez certains", explique un autre, la perspective d'un rapprochement avec Bouygues soulevant plus de craintes du fait d'importants doublons. "Les salariés étaient un peu étonnés du résultat, après la campagne de communication très forte de Bouygues, il faut qu'on digère l'annonce", observe Olivier Lelong, de la CFDT. Le PDG Jean-Yves Charlier qui a présenté le rapprochement de SFR avec Numericable comme "un superbe projet de croissance" s'exprimera et répondra aux questions des salariés lundi matin.

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Commentaires
a écrit le 16/03/2014 à 8:39 :
On va lui demander de creer 1 millions d emplois aides...comme Staline
a écrit le 15/03/2014 à 10:13 :
Numéricable 5 milliards de CA va emprunter 11ou 12 Milliards pour racheter SFR ?????
Réponse de le 15/03/2014 à 22:19 :
Chèque en bois ou en carton, au choix...
a écrit le 15/03/2014 à 8:29 :
Bonjour,

superbe article, comme toujours, pro, concis, clair, je ne vous connais pas Mme CUNY, mais vous êtes doué...

Cordialement
Réponse de le 15/03/2014 à 8:37 :
Douée
a écrit le 15/03/2014 à 4:20 :
Nous sommes dans un pays ruiné par le politique autant de droite que de gauche qui incapable de gérer ce pays par une remise à plat des méthodes de gouvernance qui devrait passer par des économies demande aux entreprises privés de faire le job qui ne sont pas capables de mettre en place. Il est évident qu'il y aura de la casse et qu'un engagement ne sera qu'une lettre pour laquelle les politiques vont dans un premier temps crier victoire dans le genre "grâce à moi" puis vilipender l'entreprise à la première restructuration qui trouvera toujours une excuse pour valider son ou ses actions. Le politique n'est pas un industriel il croit depuis des décennies qu'il capable de tout oui mais du pire seulement 2000 milliards de dettes et des millions de chômeurs. Le politique n'est pas la pour faire de l'économie il en est incapable mais des économies et le est le vrai problème car il aussi et encore incapable d'avoir une vision d'une gestion du pays. M. Montebourg comme les autres est un polichinelle de petite envergure plus médiocre dans sa fonction qu'homme de compétence et de vision du monde économique.
Réponse de le 15/03/2014 à 8:00 :
Très manichéenne cette analyse. L'état, c'est pas l'économie. Ah bon ! Les agriculteurs = subventions d'état, les profs lib de santé = remboursements sécu donc état, la plupart des ETI et grands groupes gavés de stagiaires et contrats aidés de toutes parts donc ETAT...dès qu'il y a un souci en France, même pour nos géniaux entrepreneurs, qui c'est qu'on appelle, l'ETAT !!! Notre dette est de 2000 milliards €...le patrimoine cumulé des pauvres petits français opprimés par les impôts est de l'ordre de....10 000 milliards € !!!! Que tout le monde paye ses impôts (50 milliards par an de fraude mini), on pourra reparler dette par la suite.
Réponse de le 15/03/2014 à 21:43 :
Plutôt que d'augmenter les impôts il vaut mieux diminuer les dépenses sociales allocation diverses et variées, suprimmer les départements, les conseillers généraux , les sénateurs, la moitié des députés et des ministres et on les gagnera les 200 Mrd
a écrit le 15/03/2014 à 0:47 :
On va avoir les mêmes engagements que pour boussac ...
Tous ces milliardaires dépeceurs d'entreprises sont le genre d'individus qui décrédibilisent la fonction d'entrepreneurs à des années lumières de steve jobs .
Réponse de le 15/03/2014 à 14:42 :
Pour Boussac la remise à plat de cet ensemble a permis sur un plan l'émergence de DIOR-LVMH, l'un des plus beaux fleurons de notre industrie.
a écrit le 15/03/2014 à 0:44 :
Je leur laisse 5 ans comme Florange avec Arcelor Mittal ....
Réponse de le 15/03/2014 à 2:18 :
5 ans pour quoi ?
a écrit le 14/03/2014 à 21:57 :
Niel n'a qu'à racheter Bouygues
Réponse de le 14/03/2014 à 23:15 :
ça, c'est l'étape d'après, dans quelques mois...
a écrit le 14/03/2014 à 20:05 :
"formaliser ses engagements sur le maintien de l’emploi et l’investissement" Il y en a qui rêvent ? des engagements ne valent rien, et s'ils ne sont pas tenus que se passera t'il ? rien du tout et les ministres actuels ne le seront plus....pour reprendre un mot souvent employé ces deniers jours, c'est de l'enfumage !
Réponse de le 14/03/2014 à 23:04 :
Ce qui est amusant, c'est de voir un politique exiger des engagements.

"Charité bien ordonnée commence par soit même Mr Montebourg".

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