Autodidacte, cette amoureuse du code l'enseigne aux enfants

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Sortie d'une école de journalisme en Belgique, Laurence Bricteux s'est rapidement éloignée de sa formation.
Sortie d'une école de journalisme en Belgique, Laurence Bricteux s'est rapidement éloignée de sa formation. (Crédits : La Tribune)
Rencontrée à l'occasion du Blend Web Mix de Lyon, le 29 octobre, Laurence Bricteux, la quarantaine dynamique, enseigne le code aux enfants de la même façon qu'elle l'a appris. Dans son association loi 1901 "Atelier goûter du code", les autres membres sont, comme elle, des passionnés du code dont pourtant ce n'est pas le métier. Portrait.

Lunettes sur le nez, écharpe autour du cou, Laurence Bricteux ajuste sa présentation à l'occasion du Blend Web Mix de Lyon. Quelques heures après, elle est sur scène et présente ce 29 octobre une conférence intitulée "Apprendre le code à tout âge, c'est facile, amusant et utile". S'inspirant d'initiatives en place aux États-Unis, en Grande-Bretagne mais aussi dans des villes françaises comme Paris, Lyon ou Bordeaux, cette quadra blonde dynamique, a décidé d'ouvrir début 2014 le premier atelier d'initiation au code pour enfants de Marseille.

Son association loi 1901 "Atelier goûter du code" est parrainée depuis la mi-septembre par l'iniative Google pour l'éducation, qui apportera éventuellement un lieu pour les cours mais aussi du matériel. En attendant, cette représentante à Marseille de l'association internationale Girls in Tech est herbergée à moindre prix dans l'espace coworking de la Boate. Initiés via le site Code.org, les enfants de 7 à 12 ans y apprennent la programmation en résolvant des puzzles mettant en scène deux animaux emblématiques du jeu Angry Birds.

"Ils commencent par créer des blocs de fonction pour faire un avancer un petit personnage, puis apprennent à répéter la même fonction, et enfin à mettre en place des fonctions conditions ("si" un personnage tourne à gauche, "alors" un autre tourne à droite, Ndlr). L'idée est vraiment d'apprendre en s'amusant", détaille-elle. D'une seule formation de deux heures un samedi après-midi, la formule va évoluer, à la reprise de l'atelier, en novembre, en passant à des sessions de trois après-midis afin "de développer plus la mise en application des bases et la créativité des enfants, comme cela se fait autour".

Alors que l'enseignement du numérique dans l'enseignement est devenu un débat national auquel participe activement le ministère de l'Éducation, Laurence Bricteux estime que l'initiation doit rester périscolaire.

"Le problème de l'école, c'est la formation des professeurs : ce n'est pas facile d'obtenir une formation uniforme. Il vaut mieux former via des gens que ça intéresse, c'est un domaine de passionnés, des gens qui font ça le soir chez eux."

C'est d'ailleurs le cas de l'équipe de bénévoles de l'Atelier goûter de code, qui, outre Laurence, est composée d'un de ses étudiants, d'un expert en devoirs "qui a beaucoup apporté pour l'accompagnement" et d'une ingénieure pédagogique de livres pour enfants.

Autodidacte

Car, si elle apprend aujourd'hui à coder à des enfants de 7 à 12 ans, Laurence Bricteux n'est pas une développeuse à l'origine. Belge issue d'une formation de journaliste (sa mère était patron de presse), elle s'éloigne rapidement du métier. Après avoir passé dix ans chez Apple au lancement de produit et marketing éducatif, puis trois ans dans des domaines similaires chez le site web de recrutement Monster, elle commence à diriger en 2011 le Pôle digital du groupe NRJ. "C'est l'époque de la refonte des sites (7 au total), des mises à jour de la trentaine d'applications mobiles et des web radios." Déjà intéressée par la technologie, elle "entre vraiment dans le dur" à ce moment-là.

"J'avais une équipe de sept développeurs et chefs de projets sous mes ordres, ça m'a aidé à comprendre comment tout cela fonctionnait."

Après deux années passées au sein du groupe audiovisuel français, elle décide d'apprendre le code en autodidacte.

"Au début, je suis passé par des sites comme Code Academy et le moins connu mais très bien fait Aquent Gymnasium. Puis j'ai suivi des cours de masse en ligne [Mooc] pour le perfectionnement, et appris quelques langages de programmation."

La suite se passe à Marseille, avec un un certain succès puisque Laurence Bricteux compte développer des cours pour les parents. Ce sont "plutôt des mamans qui sont venues", souligne-t-elle, expliquant que la formation serait alors plus poussée. À terme, elle aimerait d'ailleurs mixer les deux. Après tout, il n'est jamais trop tôt ou tard pour apprendre le code.

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Commentaires
a écrit le 01/11/2014 à 1:31 :
Apprendre à programmer n'est pas une finalité mais un moyen d'atteindre un objectif par la réalisation d'un programme. L'apprentissage précoce de la programmation ne permettra pas de produire des génies en informatique d'autant plus que l'apprentissage du calcul arithmétique ne permet de produire des génies en mathématiques. L'initiation à l'informatique pour les très jeunes est un piège pour parents anxieux concernant l'avenir de leurs enfants. Il existe bien des domaines pour lesquels un enfant peut développer un intérêt tels que le dessin, le sport, la lecture, la cuisine, le bricolage, etc
a écrit le 30/10/2014 à 17:39 :
on dit pas code ! on dit programmation ! quand est que vous allez écrire en vrai français bon sang de gaulois romanisé et germanisé.
a écrit le 30/10/2014 à 16:50 :
de quois'agit il ?
a écrit le 30/10/2014 à 12:40 :
Il m'a fallu lire la moitié de l'article pour enfin comprendre de quel code il s'agit ! Enfin, j'avoue c'est ce questionnement qui m'a poussée à ouvrir le lien parce que sinon un article sur une femme apprenant la programmation aux enfants, je ne l'aurais jamais lu... pas de majeure importance comme info...
a écrit le 30/10/2014 à 11:49 :
On ferait mieux de leur apprendre le code civil...
Réponse de le 30/10/2014 à 12:05 :
C'est vrai en lisant cet article au début on se demande de quel code il s'agit : Code Civil, Code pénal, code de bonne conduite, code de la route...
Réponse de le 30/10/2014 à 12:19 :
On dit "programmation informatique". C'est un anglicisme hasardeux ("coding"). D'autant plus qu'il n'y a pas un "code" mais plusieurs "langages informatiques". Si il veut vraiment initier le commun des mortels a ce sujet, l'auteur doit utiliser ces termes correctement.
a écrit le 30/10/2014 à 11:06 :
Bizarre cette façon d'utiliser systématiquement des mots anglais à contresens en français alors que le mot français correspondant, non seulement est plus largement utilisé mais aussi plus juste. On ne parle pas de code, mais de programmation. C'est moins flashy, trendy, ou punchy, ça fait sûrement moins looser.
a écrit le 30/10/2014 à 9:43 :
Belle initiative, merci pour cet article
a écrit le 30/10/2014 à 7:18 :
C'est un peu le but de l'Ecole 42 de Xavier Niel, découvrir des individus (plus âgés :) qui ont choisi une autre voie et qui découvrent qu'ils ont des "possibilités" cachées en eux pour devenir de talentueux codeurs.

Alors ça peut rendre jaloux des informaticiens qui ont suivi des cursus de plusieurs années dans des écoles très chères et qui ne décollent pas dans leurs entreprises.
a écrit le 29/10/2014 à 22:05 :
Vous dites souvent "ce trentenaire brun dynamique" ?
A bon entendeur...
Réponse de le 30/10/2014 à 10:52 :
Si ça permet de donner une idée de la personne, oui.
a écrit le 29/10/2014 à 20:13 :
ca change des adultes qui pense que leur gamin est un genie en informatique car il sait se servir de son iphone...

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