Amazon, champion mondial des dépenses en recherche et développement

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En 2016, le nombre de personnes employées par Amazon s'élevait à plus de 340.000.
En 2016, le nombre de personnes employées par Amazon s'élevait à plus de 340.000. (Crédits : Reuters Pascal Rossignol)
La multinationale fondée par Jeff Bezos a dépensé plus de 16 milliards de dollars dans la recherche et le développement (R&D) au cours du dernier exercice fiscal clos à la fin du mois de juin dernier. Ce montant faramineux marque les ambitions du groupe américain en matière d'innovation.

Amazon veut concentrer ses efforts sur l'innovation. Selon une étude du cabinet de conseil PricewaterhouseCoopers publiée récemment, le géant du commerce électronique est la première entreprise du classement "Global Innovation 1000"  avec 16,1 milliards de dollars investis en 2017. Pour le cabinet spécialisé dans l'audit, c'est la première fois qu'une entreprise technologique prend la tête de ce palmarès.

Infographie: Investissement en R&D : Amazon détrône Volkswagen | StatistaPlus de statistiques sur Statista

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Amazon en tête au niveau mondial

Avec un chiffre d'affaires de 136 milliards de dollars et des dépenses en R&D évaluées à 11,8% du CA, la firme américaine est passée devant Volkswagen, qui recule de cinq places. Alphabet arrive en seconde position dans le tableau en totalisant 13,9 milliards de dollars d'investissements en R&D. Enfin, Intel arrive sur la dernière marche du podium avec 12,7 milliards de dollars investis dans ce domaine.

En matière de perception, le tableau diffère légèrement pour les trois premières places. Alphabet est perçue comme l'entreprise la plus innovante au monde par les responsables de la R&D interrogés par Strategy& (l'activité de conseil en stratégie de PwC), devant Apple pour la première fois en sept ans. Le géant de Cupertino et Amazon viennent compléter ce podium exclusivement américain.

A l'inverse, il faut noter la faible présence d'entreprises européennes dans le top 20 établi par PwC. Seulement quatre firmes du Vieux continent figurent dans cette liste. Il s'agit de Volkswagen (12,1 milliards de dollars), l'entreprise pharmaceutique Roch (11,4 milliards de dollars), Novartis (9,6 milliards de dollars) et enfin le constructeur auto allemand Daimler (6,9 milliards de dollars).

Les entreprises françaises à la traîne

Seules 37 entreprises françaises figurent dans le classement des 1.000 groupes leaders mondiaux en matière d'innovation."C'est deux entreprises de moins qu'en 2016, sept de moins qu'en 2015, et neuf de moins qu'en 2014." Les firmes françaises ne représentent plus que 3,4% du total des dépenses en R&D des 1.000 géants mondiaux (contre 4,5% en 2016). Ce retard peut s'expliquer en partie par une baisse des dépenses consacrées à la recherche.

"Avec 22,5 milliards d'euros investis dans la Recherche & Développement au cours de l'année 2017, les sociétés françaises du classement 'Global Innovation 1000' ont diminué leurs dépenses R&D d'un cinquième en un an (27,5 milliards d'euros en 2016)."

Dans le top 20 des entreprises françaises investissant le plus en R&D en 2017 figurent à la première place Sanofi (5,5 milliards de dollars), suivie de Renault (2,5 milliards de dollars) et Peugeot (2 milliards de dollars). Mais la première place de Sanofi est à relativiser.

"Si Sanofi reste loin devant les autres groupes français, elle continue de perdre du terrain à l'échelle mondiale : 16e dans le classement 'Global Innovation 1000' en 2015, la société pharmaceutique française avait gagné la 21e position en 2016 pour s'établir aujourd'hui à la 24e place."

Pour Laurent Molinié, directeur chez Strategy&, l'activité de conseil en stratégie de PwC:

"Les dépenses R&D des géants du net ont atteint des niveaux exceptionnels (Amazon 16 milliards de dollars, Alphabet 14 milliards de dollars). Suivre de tels rythmes de croissance (+16% pour le secteur Internet & Software entre 2016 et 2017 ; +5% pour la Santé) n'est pas simple pour toutes les entreprises françaises. L'émergence de licornes comme Devialet ou Sigfox, et la conjugaison des efforts des acteurs privés et publics (pôles de compétitivité, mesures fiscales incitatives), nous laisse présager un meilleur avenir".

L'orientation prise par la France pourrait tourner. Selon PwC, les responsables de la R&D interrogés par le cabinet d'audit ont exprimé des inquiétudes relatives "à la problématique du nationalisme économique, de plus en plus fréquente dans les débats publics". Sur le total, 52% des répondants affirment "qu'une tendance générale au nationalisme économique aurait un impact modéré ou significatif sur le budget R&D de leur entreprise". D'après les dirigeants interrogés par PwC, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la Chine sont les pays les plus susceptibles de connaître des changements politiques qui auront des conséquences sur leurs investissement dans la recherche et le développement. Dans ce contexte, le Canada, l'Allemagne et la France pourraient sortir gagnants d'un renforcement des politiques protectionnistes au niveau mondial. Laurent Molinié y voit une opportunité pour la France.

"Dans cette période de repli nationaliste de la part des premières puissances économiques mondiales, la France a pris le virage opposé en élisant un président libéral prônant l'accélération des échanges et des mesures fiscales favorisant les investissements dans les entreprises. En matière d'innovation, les groupes français ont ainsi tout à gagner."

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Méthode : Pour la 13e année consécutive, l'étude de Strategy& "Global Innovation 1000" analyse les dépenses des 1 000 entreprises cotées en Bourse ayant le plus investi en R&D au cours du dernier exercice fiscal (clos au 30 juin 2017). N'ont été retenues que les entreprises ayant communiqué les chiffres de leurs dépenses en R&D. Ces entreprises représentent à elles seules 40% du total mondial des dépenses en R&D, toutes sources et tous secteurs (privé/public) confondus.

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a écrit le 27/10/2017 à 9:44 :
C'est intelligent, même si amazon a fait sa fortune en générant toujours plus de misère mais comme toutes les multinationales au final, à long terme et vu le trésor de guerre qu'ils amassent on voit mal comment ils ne pourraient pas tenir, cela leur donnera toujours une longueur d'avance.
a écrit le 27/10/2017 à 8:44 :
Le titre aurait dû être: "Classement des champions en optimisation fiscal". Nous voyons bien ici les ravages economiques induient par ces véritables distorsions de concurrence que sont les optimisations/ecroqueries fiscales mises en oeuvre par ces géants.
Réponse de le 27/10/2017 à 15:05 :
rien a voir. apres tout apple a le meme systeme que amazon et l un est 1, l autre 9eme. Et je suis sur que nos multinationales francaises font comme les autres en matiere de fiscalite et pourtant aucune est dans les 10 premieres !

Notons aussi la pref de la suisse. 10 fois moins d habitants que nous et 2 dans le top 10 !
a écrit le 27/10/2017 à 8:44 :
comment on prepare le declin de demian : on arrete d investir. ENfin tout n ets pas perdu, on continue de subventionner l investissemnet dans le parpaing (PTZ et Pinel)

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