Aux Etats-Unis, Softbank songe à nouveau à jouer la consolidation

Lors de la présentation de ses résultats en 2016-2017, Masayoshi Son, le patron du géant nippon des télécoms, a précisé qu’aux Etats-Unis, son opérateur Sprint pourrait jouer un rôle en cas de consolidation du secteur. Ce qui relance la thèsed’un mariage avec T-Mobile US, qu’il a échoué à racheter il y a trois ans.
Pierre Manière
Masayoshi Son, le chef de file de Softbank.
Masayoshi Son, le chef de file de Softbank. (Crédits : Reuters)

L'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche lui a, semble-t-il, rouvert l'appétit. Après avoir tenté, vainement, de racheter son rival T-Mobile US pour le marier à sa filiale américaine Sprint, Masayoshi Son, le patron de Softbank, réfléchit à retenter le coup. Plus largement, « nous sommes prêts à discuter dans un esprit d'ouverture concernant différentes possibilités permettant de rendre le secteur américain des télécoms vraiment concurrentiel », a-t-il indiqué mercredi, lors de la présentation des résultats de l'entreprise en 2016-2017.

Il faut dire que depuis 2014, la donne a changé au pays de l'Oncle Sam. Alors que sous l'ère Obama, les autorités de régulation ne voyaient pas la fringale de Masayoshi Son d'un bon œil, ce n'est plus forcément le cas depuis l'élection de Donald Trump. « La position de l'administration américaine actuelle est bien plus ouverte à la dérégulation que la précédente », a constaté le grand patron. Lequel en sait quelque chose, puisqu'il compte parmi les premiers hommes d'affaires à avoir rencontré et félicité Donald Trump après sa victoire. En lui promettant, au passage, des milliards de dollars d'investissements sur place, il a même largement caressé dans le sens du poil celui qui a fait du rapatriement des emplois aux Etats-Unis la priorité de son mandat.

Résultat net en forte hausse

Côté résultats, le bouillonnant patron s'est dit comblé. En 2016-2017, Softbank a vu son résultat net s'élever à 1.426 milliards de yens (11,5 milliards d'euros) contre 474 milliards de yens un an plus tôt. Sur la période, son chiffre d'affaires n'a cependant progressé que de 0,2% à 8.901 milliards de yens. Son bénéfice d'exploitation, lui, a grimpé de près de 13% à 1.026 milliards. « Nous avons atteint l'objectif d'un bénéfice d'exploitation de plus de 1.000 milliards de yens, sur la base réelle de nos activités, sans facteur exceptionnel, et nous dépasserons cette performance cette année et par la suite, c'est certain, grâce à nos activités florissantes », s'est vanté Masayoshi Son.

Le groupe a intégré dans son résultat net une somme issue de la cession de parts détenues dans le mastodonte chinois de la vente en ligne Alibaba et l'apport de diverses autres transactions relatives à des filiales, ainsi que des gains de change. Quant à la dette de SoftBank, celle-ci « a certes encore gonflé ces deux dernières années, mais deux fois et demie moins que la hausse de la valeur du groupe », a indiqué le dirigeant. Lequel s'est fendu d'une sortie bien à lui : « L'endettement, c'est le coût de la nourriture pour que ponde encore la poule aux œufs d'or. » Parmi ses récentes emplettes, Softbank a notamment racheté ARM, le spécialiste des semi-conducteurs britannique, en juillet dernier, pour 32 milliards d'euros. « C'est une bonne acquisition, j'ai vraiment bien fait de l'acheter, ça faisait 10 ans que j'y pensais. 99% des smartphones du monde contiennent au moins une puce ARM », s'est félicité Masayoshi Son.

(avec AFP et Reuters)

Pierre Manière

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