Cédric O : "Nous devons réguler les géants du Net comme nous avons régulé les banques" (2/2)
Sylvain Rolland et Anaïs Cherif
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Cedric o prone un conseil de l'ordre des journalistes
Charles Platiau
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Cedric o prone un conseil de l'ordre des journalistes
Charles Platiau
| Retrouvez la première partie de l'entretien : "Le numérique ne peut pas être réservée à une aristocratie"
LA TRIBUNE - Vous vous êtes rendu dans la Silicon Valley et à Washington en décembre, puis à la Commission européenne début février. Préparez-vous quelque chose au sujet de la régulation des grandes plateformes ?
CÉDRIC O - L'empreinte des grandes plateformes sur nos économies et nos démocraties est un sujet de préoccupation mondial. Nous avons vu émerger des entreprises dont la taille, la complexité juridique et l'emprise technologique étaient inconnues par la puissance publique jusqu'ici.
Au niveau européen, la France défend le principe suivant : certaines entreprises du numérique sont devenues structurantes pour nos économies, elles doivent donc se voir appliquer une régulation spécifique. Ce n'est pas nouveau : les banques, pour celles qui ont un impact systémique, se sont vues imposer des règles et une supervision spécifiques dans le passé. Nous devons aujourd'hui faire la même chose avec les géants du Net.
Cette régulation peut se traduire de plusieurs façons : interopérabilité des services, tarifs réglementés pour l'accès aux services, règles antitrust spécifiques, une supervision spéciale... Beaucoup de choses sont sur la table. Il faut miser sur une régulation asymétrique, c'est-à-dire concentrée sur les plus gros acteurs. Ces plateformes ont acquis un tel pouvoir de marché et de contrôle sur leur écosystème, notamment à travers la publicité, qu'elles sont devenues des plateformes structurantes.
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Ce sujet était-il l'objet de votre déplacement à Bruxelles début février ?
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J'ai pu échanger avec Margrethe Vestager, vice-présidente de la Commission européenne en charge de la concurrence et du numérique, et Thierry Breton, commissaire européen au marché intérieur. Il a beaucoup été question d'investissements afin que l'Europe puisse être au niveau de la compétition internationale, mais également de régulation via cette idée de plateformes structurantes. Nous sentons que les points de vue convergent, sinon se répondent. Les constats sont partagés.
Sylvain Rolland et Anaïs Cherif