Cybersécurité : la France abat ses cartes

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Pour Manuel Valls, « les cyberattaques sont susceptibles de désorganiser les activités vitales de notre pays ».
Pour Manuel Valls, « les cyberattaques sont susceptibles de désorganiser les activités vitales de notre pays ». (Crédits : © Charles Platiau / Reuters)
Alors que les vols de données et les piratages sont de plus en plus courants, Manuel Valls a présenté vendredi la stratégie de la France pour protéger l’Etat, les entreprises et les individus.

Dans le sillage de l'essor du digital, les cyberattaques sont de plus en plus nombreuses et intrusives. Pour y faire face, le gouvernement a dévoilé vendredi sa « stratégie pour la sécurité numérique » à la Maison de la Chimie à Paris. Pour bien montrer qu'il s'agit à ses yeux d'un sujet crucial, c'est Manuel Valls lui-même qui s'est chargé de le détailler, dans un amphi Lavoisier pour l'occasion plein à craquer.

Sensibiliser « dès l'école »

Le Premier ministre a dévoilé un document de quarante pages, où figurent cinq « objectifs stratégiques ». Elaborés par l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi), qui dépend de Matignon, avec le concours du Secrétariat général à la défense et à la sécurité nationale (SGDSN), ceux-ci visent à mieux protéger l'Etat et les entreprises, à sécuriser la vie numérique des citoyens, ou encore à sensibiliser « dès l'école » aux problématiques liées à la cybersécurité.

Parmi les dispositifs envisagés, le gouvernement souhaite notamment créer un « dispositif national d'assistance aux victimes d'actes et de cyber-malveillances ». Ou encore à « labelliser » des « prestataires compétents et de confiance » pour épauler les entreprises victimes de piratage, et en particulier les PME. Reste qu'aucune grande mesure ne sort du lot. Pour le gouvernement, il s'agit surtout de dégager une ligne de conduite et de prendre la mesure des cybermenaces émanant aussi bien de hackers radicaux que de services et entreprises étrangers. Les problèmes liés à la captation des données personnelles par les géants du Net américains (comme Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft) ont d'ailleurs été largement évoqués.

Des actes « d'espionnage » réguliers

Pour marquer le coup, le gouvernement a invité Yves Bigot, DG de TV5 Monde. En introduction de l'événement, celui-ci a détaillé l'attaque essuyée par la chaîne le 8 avril dernier. D'après lui, celle-ci aurait pu causer son extinction pure et simple. De quoi donner du grain à moudre à Manuel Valls. « Ces cyberattaques sont susceptibles de désorganiser les activités vitales de notre pays, de déstabiliser les entreprises, de vampiriser leurs savoir-faire », a réagi le Premier ministre, brandissant le spectre de « la destruction de nombreux emplois ».

Fort de ce constat, Manuel Valls en a profité pour (re)justifier la très controversée loi renseignement, adoptée cet été, et jugée « liberticide » par nombre de détracteurs.

« De façon souvent caricaturale, certains opposent 'le numérique', qui devrait être le monde de la liberté absolue, à la sécurité, qui se traduirait nécessairement par une restriction dangereuse des libertés fondamentales... », a-t-il rétorqué.

Avant d'en remettre une couche :

« Mon gouvernement est fier d'avoir porté la loi sur le renseignement, quasiment intégralement validée par le Conseil constitutionnel, ce qui lui donne une légitimité plus grande encore. »

En conférence de presse, Guillaume Poupard, le directeur général de l'Anssi, a pour sa part indiqué que « des attaques de type TV5 Monde, on en a tous les 15 jours ». « Simplement, poursuit-il, ce n'est pas [souvent, Ndlr] du sabotage, c'est de l'espionnage. » Et de souligner qu'il ne s'agit là uniquement des attaques identifiées et détectées. Jeudi, la veille de la présentation de ce plan pour la cybersécurité, PricewaterhouseCoopers (PwC) s'est fendu d'une étude peu reluisante pour l'Hexagone. Lors des 12 derniers mois, le nombre de cyberattaques aurait progressé de 51% en France, contre 38% dans le monde.

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Commentaires
a écrit le 20/10/2015 à 13:02 :
Super : d'un coté on va nous bassiner dès l'école avec les problèmes de sécurité informatiques, et puis de l'autre on pousse pour aller vers la 5G, on ouvre des cités pour les objets connectés (qu'on appelle régulièrement à tort "intelligent", pour bien nous faire sentir que si t'en achètes pas, tu l'es pas, toi, intelligent !), on préfère financer les start-up qui produisent des applications plutôt que l'industrie, alors que tout ça est une pure aberration niveau sécurité informatique ! Elle est pas belle la politique ?
a écrit le 19/10/2015 à 17:52 :
Ce mec fonctionne à la haine ! C'est la haine qui le fait avancer et cela se lit sur son visage.
Manuel Valls est allé au Bahreïn, lors que soulèvement du peuple contre la course de Formule 1, pour y vendre des systèmes d'écoutes (du peuple).
Gentil Manuel Valls ? Non, autoritaire !!
a écrit le 17/10/2015 à 19:47 :
Au bureau, nous sommes unanimes à dire que Manuel Valls a vendu son âme pour dix milliards de fausse monnaie. Et pour cause. Dès mardi dernier, après sa déshonorante visite à Riyad – l'autre pays des droits de l'Homme ! –  Manuel Valls a claironné sur twitter le montant de son panier de la ménagère. Tout cela est honteux, mais qui plus est un gros mensonge. Pour faire passer la pilule, l’enterrement de ces droits humains qui sont, par ailleurs, le crédo du PS versus SFIO, il fallait bien mettre une grosse tare dans la balance, dire « d’accord la liberté et la justice, la démocratie sont des paillassons sur lesquels nous nous frottons les pieds, mais ça rapporte gros et ça permet de donner de l’emploi aux travailleurs ». Mais c’est faux.

Ces milliards sont du vent, des jetons de casino. Ces chiffres inventés représentent, d’une part, les transactions déjà signées avec l’Arabie depuis de longs mois, et de l’autre tous les mirages de celles évoquées mardi dernier au souk de Riyad.

Les Saoudiens ont depuis belle lurette paraphé pour 2 milliards et 400 millions d’accords avec des PME française, dans différents types d’industrie. Puis, se développe déjà à l’ombre de La Mecque, une unité de biochimie évaluée à 800 millions. Voici 3 milliards et 200 millions qu’il s’agit de retirer du twitt de Manuel Valls.

Le reste ? Les 500 millions de patrouilleurs maritime pour le bon roi Salman ? C’est encore un bégaiement, une redite de l’histoire puisque le sublime Fabius a déjà annoncé cette nouvelle en juin et que rien n’est encore définitivement signé. Comme ces marchands à la sauvette qui vendent des presses légumes sur le trottoir, Valls fait de la magie.

Enfin les « 4 milliards pour un marché de satellites », c’est juste pour jeter un œil sur un marché qui peut très bien filer ailleurs. Délivrer de l’électricité à Djedda ?? C’est une affirmation aussi venteuse que les pales d’une éolienne. Rien de signé non plus. Et il en va de même pour le métro de Riyad.

Ainsi fonctionne la mystification signée PS : pour justifier l’injustifiable, la vente des Droits de l’Homme à une dictature monarchique, les fausses factures et leurs « dix milliards » s’imposent. On en reparlera après 2017. Ou plus jamais.
a écrit le 17/10/2015 à 16:55 :
Les entreprises qui veulent se protéger sur les mobiles utilisent le système Square by Vivaction 150€ le boîtier !
a écrit le 17/10/2015 à 13:35 :
Ils pares que. Valls et catalan
a écrit le 17/10/2015 à 0:20 :
Donc, analyse différentielle. "dispositif national d'assistance aux victimes d'actes et de cyber-malveillances" Soit, on essaie surtout pas de lutter contre la cause, soit, négocier avec des pays de truands (notes : des pays de truands, nous en sommes AUSSI...) (sur d'autres domaines, et surtout bancaires et armements), mais on "soigne" les effets. Ok, bien reçu dans la nullité et surtout : l' "état" doit pirater tranquille. La suite est à lavement, soit : il faut faire peur à tous et LA : nous en revenons au principe de base : des BONS informaticiens intelligents, ça court pas les rues, la preuve, les sociétés qui ont du fric embauchent des hackers. Hackers qui SAVENT que la meilleure sécurité est l'intranet ET SAVOIR paramétrer un serveur Apache. Encore une fois, soyons intelligents même si nous n'avons PAS d'argent (soit, de pouvoir) : ne communiquons AUCUNE information sur nous-même ou sur les autres car ce sont nos VIES qui seront bientôt en vrai jeu pas virtuel. (c'est DEJA le cas en partie car les banques et assurances savent tout de nous...)

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