Cybersécurité : Hillary Clinton accable la Chine

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Ne faites pas d'erreur, les Chinois savent qu'ils sont en compétition, et ils sont en train de faire tout ce qu'ils peuvent pour gagner, a-t-elle déclaré.
"Ne faites pas d'erreur, les Chinois savent qu'ils sont en compétition, et ils sont en train de faire tout ce qu'ils peuvent pour gagner", a-t-elle déclaré. (Crédits : Reuters)
La Chine est-il vraiment le pays dont on doit se méfier en matière de cyber-sécurité ? Tandis qu'Hillary Clinton s'est à nouveau attaquée au gouvernement chinois et à ses "hackers", l'administration pékinoise, elle, conteste encore et encore. Simple outil de communication, ou réel enjeu géopolitique ? Quoi qu'il arrive, il y a peu de différences entre la NSA et les hackers chinois pour les entreprises étrangères.

Les espions n'aiment apparemment pas être victimes de leur propre jeu. L'ancienne secrétaire d'Etat Hillary Clinton a de nouveau accablé la Chine et son gouvernement. Ce samedi 4 juillet, lors d'un meeting de campagne dans l'Etat du New Hampshire, elle a affirmé que des pirates chinois avaient volé une "énorme quantité d'informations au gouvernement américain", et qu'ils avaient l'intention de "pirater tout ce qui ne bouge pas en Amérique" - à savoir, les serveurs informatiques.

"Les forces militaires chinoises grandissent très vite, et ils sont en train de mettre en place des installations militaires qui menacent les pays avec qui nous traitons. Ne faites pas d'erreur, les Chinois savent qu'ils sont en compétition, et ils sont en train de faire tout ce qu'ils peuvent pour gagner", martèle Hillary Clinton.

Pékin juge ces accusations "hypocrites" compte-tenu des écoutes de la NSA

Les autorités américaines ont déjà accusé plusieurs fois la Chine ces dernières années, et notamment en juin dernier, quand les données personnelles de millions d'anciens et actuels officiers militaires ont été volées par des hackers. Le directeur des services de renseignement, James Clapper, a déclaré en juin dernier que la Chine était "le principal suspect" de cette intrusion. Et, encore une fois, Pékin avait qualifié cette accusation "d'absurde".

De son côté, le gouvernement pékinois juge toutes ces critiques hypocrites, d'autant plus que les scandales d'écoutes et de collectes massive de données de la NSA sont chaque jour plus nombreux.

La cyber-guerre coûte des milliards aux entreprises américaines

En 2013 déjà, les cyber-pirates chinois faisaient parler d'eux. Dans un article publié sur le site de la radio américaine NPR, la société privée de sécurité informatique Mandiant affirmait que le New York Times, le Wall Street Journal, Bloomberg, Apple, et beaucoup d'autres agences gouvernementales s'étaient fait pirater. Dans un rapport de soixante pages intitulé "Qui a été hacké par la Chine ? La question serait plutôt : qui ne l'a pas été ?", Mandiant affirme qu'après six ans de traque, la société est tombée sur un groupe de hackers baptisé A.T.P1, responsables de 141 attaques, et qui se situeraient dans un immeuble de Shanghai abritant l'unité 61398 (spécialisé dans le cyber-espionnage) de l'Armée Populaire de Libération.

L'année dernière, le directeur du FBI James Comey déclarait que "la cyber-guerre que menait la Chine contre les Etats-Unis coûtait des milliards de dollars aux entreprises américaines chaque année". Selon lui, il y a deux sortes de grandes sociétés : celles qui savent qu'elles ont été victimes de piratage, et celles qui ne le savent pas.

La réussite d'une société étrangère en Chine implique des sacrifices

Pourtant, pour Jean-François Dufour, spécialiste du marché chinois, ces cyber-attaques ne sont pas surprenantes. Le fait qu'elles soient rendues publiques est simplement "une façon pour les Etats-Unis de poser des limites aux Chinois, et une manière de les désorganiser. La CIA et la NSA utilisent aussi ce genre de méthodes. Ils se débrouillent juste mieux pour ne pas qu'on remonte jusqu'à leur adresse!", assure-t-il.

Et au vu des pratiques du gouvernement chinois au sein même de son territoire, le fait qu'ils contestent ces accusations reste difficile à croire. Par exemple, les entreprises étrangères qui tentent de s'implanter sur le sol chinois rencontrent aussi de nombreuses difficultés liées au piratage et aux données personnelles. En 2009, la Chine a bloqué Facebook et Twitter de son domaine internet. Et un an après, Google y retirait ses services de recherche après un "hack" du gouvernement chinois.

>> Lire aussi : Chine, les entreprises contraintes de respecter les règles du jeu

"Si vous voulez développer une entreprise sur Internet en Chine actuellement, vous devez être prêt à travailler avec le gouvernement chinois, même si cela signifie la censure de ses contenus ou le partage de l'accès aux données de votre entreprises et de ses clients," déclarait récemment Ben Cavender, directeur à la China Market Research Group.

Finalement, même quand elles "collaborent", l'expansion des entreprises étrangères en Chine implique souvent de nombreux sacrifices.

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Commentaires
a écrit le 07/07/2015 à 11:58 :
C'est l’hôpital qui se fout de la charité!
a écrit le 06/07/2015 à 20:35 :
C'est marrant, d'après le renseignement militaire Français, que ce soit en cyber-espionnage, en cyber-terrorisme, ou en ingérence économique, le podium mondial est le suivant :
1/ USA, 2/ Israel, 3/ Chine
Et d'après hillary clinton, le numéro un est ... Chinois (il aurait pu être Russe remarque..)
a écrit le 06/07/2015 à 16:54 :
Personnellement, je mettrais les deux sur un pied d'égalité en la matière :-)
Réponse de le 06/07/2015 à 18:52 :
Il existe des produits pour les entreprises pour se protéger des filets dérivants de la NSA ou autres ! Un produit comme square de vivaction permet non seulement de faire des économies de roaming mais en plus d encrypter toute la voix ét la data pour 150€ le boîtier ét en plus de boîtier a boîtier vous êtes en réseau privé ! C est con pour ce prix là de laisser partir ses secrets d entreprise ! 😜
Réponse de le 07/07/2015 à 10:33 :
@Lheritier: parce que tu crois que la NSA et les autres ne sont pas capables de détourner ton système à deux balles :-)

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