Discours de haine : une modération à géométrie variable sur Facebook

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Facebook, plus grand réseau social au monde, revendique 2,13 milliards d'utilisateurs.
Facebook, plus grand réseau social au monde, revendique 2,13 milliards d'utilisateurs. (Crédits : DADO RUVIC)
Le réseau social a supprimé mardi une vidéo polémique, publiée par Janos Lazar, conseiller du Premier ministre hongrois, Viktor Orban. Alors qu'il dénonçait une censure à sa liberté d'expression, Facebook a rétabli sa vidéo un jour plus tard parlant "d'exception au discours de haine".

Un pas en avant, un pas en arrière. C'est l'attitude de Facebook face à une vidéo polémique, publiée mardi par Janos Lazar, conseiller du Premier ministre hongrois, Viktor Orban. Dans cette vidéo, l'homme politique est filmé dans une rue de Favoriten, un quartier de la capitale autrichienne où vivent de nombreux étrangers. Il déclare que les immigrés sont responsables d'une hausse de l'insécurité et de l'expulsion des "chrétiens blancs" à Vienne. "Il y a beaucoup plus de désordre, de saleté et d'ordures dans les rues et les quelques Viennois qui vivent encore ici disent que les crimes sont beaucoup plus nombreux", déclare-t-il sur fond d'images d'immigrés musulmans.

La vidéo a été retirée dans la journée par le réseau social aux 2,13 milliards d'utilisateurs, expliquant qu'elle enfreignait sa charte communautaire... Ce qui a provoqué les foudres du chef de cabinet de Viktor Orban. Sur son profil Facebook, celui-ci dénonçait mercredi une censure exercée par le réseau social et une atteinte à sa liberté d'expression. Quelques heures plus tard, le fleuron de la Silicon Valley rendait la vidéo polémique de nouveau disponible.

Lire aussi : Facebook est-il devenu dangereux ?

Une "exception" au discours de haine

Pour expliquer ce retournement de situation, le géant américain dit avoir choisi de faire une exception à l'interdiction des discours de haine. "Les internautes utilisent Facebook pour défier leurs idées et se sensibiliser sur les questions importantes, mais nous continuerons de supprimer le contenu qui viole les normes de notre communauté, y compris le discours de haine", explique l'entreprise de Mark Zuckerberg dans un communiqué de presse. Avant de poursuivre :

"Des exceptions sont parfois faites si le contenu est intéressant, significatif ou important pour le public", sans préciser pourquoi la vidéo en question méritait une telle exception.

Janos Lazar s'est félicité de "l'action juste et rapide" de la plateforme.

Le Parti social-démocrate autrichien (SPÖ), qui dirige Vienne avec les écologistes, a rejeté des commentaires qui s'inscrivent selon lui dans une "stratégie électorale raciste et xénophobe" mise en place par le parti conservateur hongrois Fidesz en vue des élections législatives du 8 avril.

Censure contre liberté d'expression

Cette valse-hésitation dans la modération illustre les défis de Facebook pour 2018. En effet, le géant américain a été vivement critiqué l'année dernière pour son manque d'efficacité dans la modération et la faiblesse de sa lutte contre les fake news, ces fausses nouvelles virales popularisées lors du Brexit en 2016 et amplifiées lors de l'élection présidentielle américaine. Preuve en est que Facebook, conçu en 2004 comme un simple trombinoscope pour l'université de Harvard, a largement dépassé son simple statut de réseau social. Il est même devenu une source d'informations concurrente des médias traditionnels. Une responsabilité qu'il n'avait pas envisagée lors de sa création.

Le géant californien s'est ainsi retrouvé au cœur d'un débat sensible : faut-il laisser une entreprise privée supprimer des contenus, et donc établir une forme de censure ? Supprimer des publications s'apparenterait à une restriction de la liberté d'expression. Mais miser sur l'autorégulation fait prendre le risque à Facebook de paraître laxiste en permettant la prolifération des discours haineux et de la désinformation. Un débat que Facebook ne semble toujours pas avoir tranché.

Lire aussi : Facebook, critiqué de toutes parts

(Avec Reuters)

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Commentaires
a écrit le 09/03/2018 à 11:01 :
"une modération à géométrie variable sur Facebook"

ET les amis et "matin calme" c'est quoi ? Et churchill c'est quoi ? QUi se délicnent régulièrement en d'autres pseudos d'ailleurs.

Alors vous tenez mieux votre forum que twitter, libération, rue89 (ça existe encore ?) et-c..., mais quand même hein, il s'en faut de peu pour qu'il chute même si ce n'est que peu de votre faute.

LE problème des modérations sur internet est extrêmement compliqué étant donné que l'on combat des gens qui passent H24 sur internet, qui ont souvent plusieurs connexions avec donc plusieurs adresse IP, pouvant générer des milliers de commentaires dont la plupart ne seront pas insultants ou intolérants.

SI on devait me payer à nuire, ce que je refuse bien entendu non pas pour ne pas nuire mais parce que je trouve cela tellement affligeant que j'ai certainement trop d'amour propre pour descendre aussi bas, dans 6 mois j'aurais envahi tous les forums français à moi tout seul.

Certainement même que nombreux journalistes reprendront plusieurs de mes tweet, c'est tellement facile de tromper le secteur marchand qui ne demande que ça car déjà habitué à tromper ses clients il adore être caressé dans le sens du poil, rien de plus pratique que la vanité pour se faire manipuler.
a écrit le 08/03/2018 à 17:46 :
il est tres clair que la neo gauche fasciste est contre l'independance des medias, quand il ne s'agit pas d'une independance qui fait allegeance au politburo.........facebook doit etre impartial, comme on disait lors de l'election francaise, et sanctionner fillon......... mais en toute impartialite, il est hors de question de s'attaquer a ses petits copains coquins......... he ben avec la censure c'est pareil...........
he oui, c'etait plus facile du bon vieux temps de staline, ou en toute independance il n'y avait que la pravda pour donner la bonne parole ( 'verite') et censurer ' comme il faut' les mal pensants

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