Doctrine "cloud" de l'Etat : le grand malaise
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L'Etat a beau assumer le paradoxe d'un cloud souverain à la française qui repose sur des technologies américaines, la pilule ne passe pas. Mi-mai, le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, la ministre de la Transformation et de la Fonction Publique, Amélie de Montchalin, et le secrétaire d'Etat à la Transition numérique, Cédric O, ont dévoilé la nouvelle doctrine de la France en matière de cloud. Le but : pousser les administrations de l'Etat ainsi que les entreprises et organisations françaises, y compris les opérateurs d'importance vitale (OIV) et de services essentiels (OIE), à basculer massivement dans le cloud. L'enjeu, réel, est de rattraper le retard de la France dans le cloud et accélérer la transformation numérique de l'Etat et du privé.
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Cette stratégie repose sur plusieurs piliers. D'abord, la création d'un nouveau label "cloud de confiance" pour que les entreprises, les services de l'Etat et les organisations privées puissent "bénéficier des meilleurs services cloud mondiaux", tout en étant rassurées sur la protection et la maîtrise de leurs données personnelles.
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Ce label reposera sur un visa baptisé "SecNumCloud". Il s'agit d'une certification délivrée par l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi). Pour l'obtenir, les fournisseurs de cloud devront être en conformité avec les exigences techniques et de protection des données de l'Anssi et du schéma européen de certification de cybersécurité pour les services de cloud (ECCSC), actuellement en construction à Bruxelles mais dont les principes sont déjà connus. Ces exigences prévoient notamment un hébergement des services et des infrastructures cloud en Europe, par une entité européenne détenue par des Européens, pour protéger les données personnelles des régulations extra-territoriales étrangères. Et notamment du fameux Cloud Act, qui permet aux agences gouvernementales américaines de récupérer les données stockées en Europe par des acteurs américains, dont les Gafa qui dominent actuellement le marché du cloud.