"Cloud de confiance" : l'Etat a-t-il laissé entrer le loup américain dans la bergerie ?
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Dado Ruvic
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Les offres du "cloud de confiance" se précisent. Quelques mois après l'alliance entre Google et OVHCloud et une semaine après l'annonce de la stratégie cloud de l'Etat visant à généraliser un cloud sécurisé et performant pour les organisations françaises, les groupes Capgemini et Orange ont annoncé jeudi 27 mai la création d'une co-entreprise. Baptisée "Bleu", celle-ci va fournir à ses clients, notamment l'Etat et les services publics mais aussi des opérateurs d'importance vitale (OIV) et de services essentiels (OIE), les solutions cloud de Microsoft, à partir de ses propres infrastructures. Cédric O, le secrétaire d'Etat à la Transition numérique, a également invité la société Bleu à "embarquer le maximum d'entreprises européennes, et notamment des startups".
Concrètement, Bleu va utiliser sous licence les technologies et les services de l'américain Microsoft, mais celles-ci seront hébergées et sécurisées en France. Tous les grands réseaux d'infrastructures -dans l'énergie, les transports, les télécommunications...- ainsi que les services financiers, notamment, qui sont des entreprises stratégiques pour la souveraineté de la France et de l'Europe, pourront bénéficier des services cloud de Microsoft comme la suite de travail collaboratif Office 365, ou la plateforme Azure, sans que leurs données ne tombent sous l'emprise de la législation américaine. Et notamment le fameux Cloud Act qui donne aux agences gouvernementales américaines le libre accès aux données des Européens du moment qu'elles sont détenues par une entreprise américaine, même hors des Etats-Unis.
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Détenue majoritairement par Capgemini et Orange, sans participation au capital de Microsoft, Bleu bénéficiera d'une "immunité" par rapport à la législation américaine. Le service vise donc l'obtention du label "cloud de confiance" annoncé par l'Etat le 17 mai, accordé aux services cloud qui présentent des standards techniques élevés et qui sont exploités en Europe, par des acteurs européens. La société aura également ses propres ingénieurs et techniciens qui travailleront "en autonomie totale" par rapport au géant américain, ont affirmé les dirigeants de Capgemini et Orange.