Le micromoteur conçu par la deeptech Silmach se présente comme révolutionnaire pour nombre d'appareils électroniques. La PME française pionnière de la micromécanique sur silicium, basée à Besançon, a remporté un prix « Best of Innovation Award », dans la catégorie « Technologies embarquées » au CES de Las Vegas. Son micromoteur en silicium est non seulement le plus petit au monde mais il est aussi autonome. Explications.Il aura fallu près de vingt ans de recherche et développement pour que cette nouvelle technologie voit le jour et soit enfin commercialisable. Issue à la fois du marché américain des Micro Electro Mechanical Systems (MEMS), né dans la Silicon Valley, il y a plusieurs dizaines d'années, avec l'engouement pour la miniaturisation des fonctions électroniques, et du marché de l'horlogerie de haute précision à Besançon, le micromoteur de Silmach est une petite révolution dans le monde de l'électronique. Celui-ci mesure un millimètre d'épaisseur pour une superficie d'environ un cm 2. « Ce n'est pas tous les jours qu'une nouvelle capacité émerge dans le secteur de l'électronique », souligne Pierre-François Louvigné, co-directeur général de SilMach qui s'est lancée en 2003. « Les jurys du CES de Las Vegas ont bien compris l'ouverture que notre technologie de rupture pouvait offrir aux produits de demain », poursuit-il.
Une combinaison entre les MEMS de la Silicon Valley et le savoir-faire horloger bisontin
« Pour créer notre micromoteur, nous avons utilisé la même matière que les MEMS, le silicium, obtenu à partir du sable qui est transformé et raffiné jusqu'à obtenir une technologie très pure », confie Pierre-François Louvigné. Il s'agit du même silicium - sous forme de « wafer » - qui est utilisé pour la fabrication des semi-conducteurs, par exemple. « Notre particularité tient dans notre capacité à marier les deux technologies, MEMS et micromécanique horlogère, qui apportent l'une et l'autre des avantages techniques », poursuit-il. Par exemple, le micromoteur est deux fois plus petit que le plus petit des moteurs existant sur le marché. Ce dernier est également 25% plus économe en consommation d'électricité, permettant une préservation de l'autonomie des batteries. Dernier point important : le micromoteur est insensible aux champs magnétiques.
Relocaliser la production en France
Pour l'instant, la majorité des micromoteurs sont fabriqués en Asie. « Lorsqu'ils sont utilisés dans les montres connectées, il faut les visser à la main sur les cartes électroniques. Ce qui est inenvisageable dans les pays développés », souligne Pierre-François Louvigné.