Toshiba organise son démantèlement

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L'action Toshiba a perdu 56% de sa valeur depuis avril, et les dégradations successives par les agences de notation plombent le titre.
L'action Toshiba a perdu 56% de sa valeur depuis avril, et les dégradations successives par les agences de notation plombent le titre. (Crédits : © HANNIBAL HANSCHKE / Reuters)
Le PDG du conglomérat japonais réfléchit à la cession de ses activités électroménager et PC qu'il vient de restructurer en annonçant la suppression d'un tiers de ses effectifs. La semaine dernière, il avait déclaré être prêt à placer ses activités nucléaires dans de nouveaux partenariats extérieurs, ainsi que la branche mémoire Flash. Le titre Toshiba est au plus bas à la Bourse de Tokyo.

Que reste-il des grands noms de l'industrie électronique japonaise ? Après Sony, Sharp, Panasonic... Toshiba traverse une période très difficile qui pourrait lui coûter le démantèlement d'une partie de ses activités. Ainsi, Masashi Muromachi, le PDG du groupe, a annoncé sa volonté de céder la branche électroménager et PC. Fujitsu et Vaio pourraient se partager les activités PC de Toshiba, tandis que Sharp récupérerait son électroménager. La solution envisagée consisterait à installer ces activités à travers des sociétés communes, à travers lesquelles Toshiba ne souhaite pas être majoritaire.

Le nucléaire en sursis ?

La semaine dernière déjà, Masashi Muromachi avait annoncé un projet de cession des activités énergie. Toshiba pourrait ainsi se séparer des équipements de transmission et de distribution d'électricité à l'étranger. Sa participation de 80% dans le constructeur américain de centrale nucléaire Westinghouse est également sujette à réflexion. Un nouveau partenariat serait envisagé entre ses propres activités nucléaires, cette participation américaine et des acteurs extérieurs comme la coentreprise Hitachi-General Electric. Il avait également annoncé la piste d'un spin-off (société commerciale créée à partir d'une scission d'une société plus grande) de son activité des mémoires Flash Nand, une activité qui s'est imposée dans la plupart des produits nomades.

Toshiba est empêtré depuis plusieurs mois dans des difficultés financières majeures. Il a dû se résoudre à annoncer un plan de restructuration coutant plus de 10.000 emplois pour le pôle produit grand public, soit un tiers des effectifs. Sur ce pôle qui réunit électroménager, télévisions et PC, le groupe a indiqué qu'il pourrait enregistrer une perte de 4,2 milliards d'euros (550 milliards de yens) pour l'année fiscale japonaise qui s'achève fin mars.

Les marchés ont perdu confiance

Le conglomérat japonais s'est brutalement heurté à la réalité  des restructurations après avoir reconnu que la direction s'est livrée entre 2008 et 2014 à des artifices comptables dissimulant les pertes réelles du groupe. Les marchés ont immédiatement sanctionné l'action Toshiba qui a atteint un plus bas de sept ans avec une chute de 56% depuis avril.

Cette sanction a été également suivi de dégradations successives des notes du groupe par les agences de notation. Début novembre, Moody's a ainsi abaissé sa note à Baa3, soit le dixième cran de l'échelle de notation de l'agence. L'agence s'est inquiétée de la situation comptable de Toshiba, mais également de la faible compétitivité du groupe face à la concurrence internationale, et de sa mauvaise réactivité en termes d'innovations. Le 22 décembre, c'est Standard & Poor's qui a dégradé la note de Toshiba à BB+, tout en indiquant être prêt à sévir dans les mois à venir.

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Commentaires
a écrit le 29/12/2015 à 13:59 :
Toutes les entreprises japonaises sont dans une quasi faillite financière mais leurs propriétaires refusent de les réformer pour des raisons complexes. J'ai indiqué que le boycott des produits japonais serait un service à rendre à ce pays, obligeant par force à la prise de mesures nécessaires. De nombreuses entreprises ne devraient plus exister, on citer Sharp ou Nec comme bien d'autres sur les 54 que classe encore le Fortune Global 500. L'affaire Toshiba est donc paradoxalement une bonne nouvelle, celle d'un début de réforme. Par ailleurs la politique monétaire japonaise est un crime extérieur et intérieur qui vise la destruction totale du pays. L'état économique du Japon qui a bien des points a toujours été une "expérience" touche une ligne de non retour. Personne ne souhaite le pire bien entendu, d'autant qu'il faut espérer que le conflit économique ne touchera pas la plus grosse entreprise d'un pays qui devient un ToyotaLand car ce serait alors pratiquement la guerre civile. La question d'une mise sous tutelle internationale devrait sérieusement être abordée.

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