FAR, l'incubateur qui veut concilier culture et business, ouvre ses portes

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L'entrepreneur culturel n'est pas un startupper comme un autre. C'est avec ce constat que l'incubateur FAR ouvrira ses portes jeudi 24 mai dans le XIe arrondissement de Paris. Entre les cartons encore emballés et l'odeur de peinture fraîche, Alexandre Lourié, directeur général du groupe SOS Culture à l'origine de ce projet, regrette :
Loin d'être novice en accompagnement, le Groupe SOS est également à la tête de l'incubateur Créatis (Paris), dédié lui aussi à l'entrepreneuriat culturel depuis 2012, et de l'incubateur Commune Image (Saint-Ouen), premier accélérateur d'Europe spécialisé dans la création en réalité virtuelle depuis novembre 2017.
Dans son bâtiment de 2.600 mètres carrés, FAR vise à accueillir 250 entrepreneurs, soit une petite centaine de projets, dès l'inauguration. Après dix mois de travaux, la pépinière dispose de 4 studios son et vidéo, d'un espace réservé au storytelling et aux résidences d'artistes, d'un espace showroom, de 10 salles de réunion et de bureaux à la carte - postes de travail flexibles, attitrés ou privatifs. Le Groupe SOS a mobilisé 20 millions d'euros pour la création de FAR.
Deux types de profils d'incubés se dégagent chez FAR. D'un côté, des startups en amorçage, comme Pims, spécialisée dans la billetterie, ou le site de podcasts Binge Audio. Une dizaine d'entreprises plus matures seront également présentes, telles que HarrisonParrott, spécialisée dans la production de musique classique, et La Fabrique de la Danse, incubateur pour chorégraphes. De l'autre côté, FAR accueille également « des artistes et des associations, n'ayant pas vocation à lever beaucoup de fonds mais à devenir une belle PME », revendique Alexandre Lourié.
Parmi les incubés, 150 proviennent de chez Créatis, principal partenaire et opérateur de FAR. En effet, Créatis proposera quatre programmes d'accompagnement d'une durée de 12 mois, en partenariat avec un acteur du secteur. Ainsi, l'accompagnement média est réalisé avec le ministère de la Culture, le programme réalité virtuelle est partenaire de Commune image, le "Made In France" est réalisé avec la manufacture solidaire Ici Montreuil. Enfin, l'accompagnement "Patrimoine" est réalisé avec l'incubateur du Patrimoine, lancé par le Centre des monuments nationaux en avril 2018.
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Les entreprises culturelles pourront tester leurs innovations auprès du public. Une aide précieuse pour ces startups, qui manquent parfois de mise en situation.
En plus de ces programmes d'accompagnements, un "comptoir de service" permettra un suivi plus personnalisé. « Ce comptoir servira de guichet d'orientation. Beaucoup d'acteurs culturels se voient proposer un simple dossier de subvention alors qu'ils ont besoin de conseils », souligne Alexandre Lourié. Et de poursuivre :
Pour répondre à toutes ces problématiques, le comptoir sera géré avec six partenaires, dont Smart, coopérative spécialisée dans les démarches administratives pour les travailleurs indépendants, et Kiss Kiss Bank Bank, plateforme de crowdfunding. Le but ? Proposer un « pilier généraliste d'entrepreneuriat important : faire un business plan, connaître les bons statuts à adopter... Ce sont des sujets arides, et dans lesquels il y a une énorme carence dans le champ culturel. »
Autre difficulté pour les entreprises culturelles : lever des fonds. Si certains secteurs sont pressentis comme porteurs, tels que la réalité virtuelle, ils n'en restent pas moins incertains aux yeux des investisseurs. « Il y a une carence énorme pour la levée de fonds en amorçage pour la culture. Pourtant, les entreprises culturelles ont un potentiel de réussite comme les autres », affirme Alexandre Lourié.
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Kiss Kiss Bank Bank pourra donc initier les startups au crowdfunding. Des partenaires comme l'Institut pour le financement du cinéma et des industries culturelles (IFCIC) fera aussi des sessions de formations pour les financements de projets en réalité virtuelle. Enfin, FAR organisera une fois par an des "pitch sessions" d'entreprises auprès de 80 investisseurs - « principalement des business angels et petits fonds », précise Alexandre Lourié. « Nous ne poussons pas les entreprises à lever le maximum de fonds, notamment parce que nous ne prenons aucune prise de participation. » Et de conclure :