France TV, TF1 et M6 unissent leurs forces contre Netflix

 |   |  681  mots
A eux seuls, TF1 et France Télévisions représentent 75% de la création audiovisuelle en France. Et les trois partenaires se disent ouverts à ce que d'autres chaînes les rejoignent.
A eux seuls, TF1 et France Télévisions représentent 75% de la création audiovisuelle en France. Et les trois partenaires se disent ouverts à ce que d'autres chaînes les rejoignent. (Crédits : DR)
France Télévisions, TF1 et M6 ont contre-attaqué vendredi face aux géants américains Netflix et Amazon, en annonçant une alliance inédite dans la vidéo en ligne avec la création d'une plateforme commune, baptisée Salto.

Pas question de rester les bras croisés. France Télévisions, TF1 et M6 ont contre-attaqué vendredi face aux géants américains Netflix et Amazon, en annonçant une alliance inédite dans la vidéo en ligne avec la création d'une plateforme commune, baptisée Salto.

"Avec  Salto, les groupes France Télévisions, M6 et TF1 entendent proposer une réponse ambitieuse aux nouvelles attentes du public", ont annoncé les trois entreprises dans un communiqué.

Jeudi, des sources proches du dossier avaient indiqué que les conseils d'administration des trois groupes avaient donné leur onction à cette alliance inédite.

Les groupes français font valoir que cette plateforme en ligne, qui fonctionnera sur abonnement et sans engagement, offrira "une variété sans égal" de programmes. Cette plateforme dite OTT (c'est-à-dire accessible via internet, sur ordinateur, tablettes ou smartphones, ou sur certains téléviseurs, tout comme Netflix ou Prime Video d'Amazon), "permettra de retrouver tous les meilleurs programmes de télévision (le direct et le rattrapage), mais aussi de découvrir des programmes inédits", selon les nouveaux alliés.

A eux seuls, TF1 et France Télévisions représentent 75% de la création audiovisuelle en France. Et les trois partenaires se disent ouverts à ce que d'autres chaînes les rejoignent. La date de lancement et les tarifs n'ont pas été précisés, mais selon une source proche du dossier, ce nouveau service devrait afficher un abonnement de base inférieur à 5 euros par mois. Salto "proposera plusieurs formules d'abonnement pour tenir compte des besoins de chacun", et "s'articulera de la meilleure manière avec les plateformes gratuites existantes: MYTF1, 6Play et France.tv", assurent ses fondateurs, qui vont créer une société à parts égales pour ce projet.

L'union sacrée

La présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, avait relancé en novembre l'idée d'une plateforme commune aux chaînes publiques et privées et plaidé pour l'émergence d'une "équipe de France de l'audiovisuel", capable de "devenir un champion européen qui pèse(rait) sur la scène mondiale". De telles alliances ont déjà été constituées aux Etats-Unis (Hulu) et au Royaume-Uni (Freeview). Un projet de rapprochement avait échoué par le passé, notamment en 2015, mais M6 et TF1 s'étaient montrés ouverts ces derniers mois. Pour se donner le temps de nouer un accord, France Télévisions avait gelé en mars son propre projet de plateforme vidéo payante, attendu au printemps.

Lundi, la ministre de la Culture Françoise Nyssen avait encouragé l'audiovisuel public à "construire des alliances avec les chaînes privées pour permettre l'émergence d'un champion numérique de la diffusion des programmes français". Il s'agit d'une démarche sans précédent pour ces groupes aux statuts différents (deux privés et un public), et qui se battent entre eux au quotidien pour capter les téléspectateurs. Avec cette union sacrée, Delphine Ernotte et ses homologues Gilles Pélisson (TF1) et Nicolas de Tavernost (M6) prennent le taureau par les cornes, face à la concurrence fulgurante de Netflix et d'Amazon, les géants américains de la vidéo en ligne.

Il y a péril en la demeure : Netflix, présent depuis seulement quatre ans dans l'Hexagone, y compterait désormais 3,5 millions d'abonnés, selon Libération, soit plus qu'OCS, le bouquet payant d'Orange. Au rythme auquel il croît (100.000 clients par mois selon le quotidien), l'ogre Netflix semble en mesure de s'imposer tôt ou tard comme le numéro 1 de la télévision payante en France, devant Canal+ et ses 4,9 millions d'abonnés. La filiale de Vivendi peine elle-même à relancer ses recrutements, et vient en outre de perdre les droits de la Ligue 1 de football à partir de 2020. En s'alliant, TF1, M6 et France TV pourront aussi mutualiser leurs investissements technologiques, et tenter de concevoir une interface intuitive et fluide pour Salto, alors que pour l'heure, MyTF1, 6Play et france.tv font pâle figure sur ce plan face à Netflix.

(avec AFP)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 15/06/2018 à 19:06 :
donc tout l´été en boucle avec ratrapage hanouna, les jeux ....
quand aux "créations" , on s´attend au pire. ...
la série nulle qu´a du faire netflix avec "Marseille'" pour suivre la loi de faire vivre les indépendents du spectacle. netflix ne se fera pas avoir 2 fois.

préfère netflix et amazon video en version originale.
a écrit le 15/06/2018 à 17:38 :
Netflix propose des films et des séries à la demande, y compris des séries et films français.

Sauf erreur de ma part, rien à voir avec salto qui ne proposerait que du replay (sur quelle durée?) et une interface commune à France TV, M6 et Tf1.
En d'autre terme ils vont fusionner le contenu d'une demi douzaine de sites existants et gratuits pour en faire un seul payant et n'offrant rien de plus en matière de séries et films.

Dans ces conditions c'est l'échec assuré. le contribuable qui paye déjà la redevance ne va surement pas casquer pour qu'on lui resserve le même plat même amélioré.

Par contre, une plate forme de VOD qui permettrait l'accès à l'intégralité des films, séries, documentaires produits par France TV +M6 + TF1, je serais près à payer...

Pour ce qui est de devenir le leader européen, faut pas réver. Le français reste une langue minoritaire en Europe, même si il y a a un marché francophone en croissance sur la planète.
a écrit le 15/06/2018 à 13:19 :
les abonnés de Netflix ou Amazone ont choisi ces derniers car les programmes de TF1 M6 et France TV sont indigents, donc une plateforme commune pour diffuser en replay ces programmes indigents risque de n’attirer que peu de monde je le crains.

Un programme nul reste un programme nul quel que soit son mode de diffusion , je pense que leur Salto va se cracher avant même de s'envoler
a écrit le 15/06/2018 à 11:40 :
Formidable, les frenchies auront droit au redoutable catalogue avec le commissaire Moulin, Marie Thérèse ange gardien, des concerts de Claude François, le Tour de France des années 70, etc. Netflix en tremble déjà.
Réponse de le 15/06/2018 à 13:07 :
Attention, vous oubliez la Grande Vadrouille et le Grand Blond
a écrit le 15/06/2018 à 10:08 :
Ca parait risible ce titre, c'est comme si Carrefour et Casino unissaient leur force contre Amazon ou Nokia et Alcatel contre Apple.
Réponse de le 15/06/2018 à 10:29 :
En parlant de Carrefour :

En 2017, lors de son départ en juillet, l'ex- PDG de Carrefour Georges Plassat a touché 13,2 millions d’euros: 820 000 euros de salaire fixe; 1,82 million de part variable au titre de 2016; 6,5 millions de «rémunération à long terme» correspondant aux exercices 2014/15 et 2015/16; 55 000 euros de jetons de présence, et 2319 euros d’avantages en nature.
Il faut ajouter à ces sommes une prime de départ de 4 millions d’euros. Le code Afep-Medef «recommandant» de ne pas verser de telles primes aux dirigeants faisant jouer leur droit à la retraite, la société, pour contourner l’obstacle, a fait signer à George Plassat, 69 ans, une clause de non-concurrence, et liée la prime à cette dernière.Il part également, au titre de sa rémunération «à long terme» pour l’exercice 2016/2017, avec 140 000 actions gratuites, estimées au moment leur attribution à 3 millions d’euros.Soit 16 millions d’euros en tout l’année où il a quitté le groupe.Mais ce n’est pas tout. Il touchera aussi, dans une dizaine de jours - après validation par l’assemblée générale des actionnaires du 15 juin - quelque 896 593 euros de part variable au titre de 2017, comme décidé par le conseil d’administration le 11 avril.Enfin, l’ex-PDG de Carrefour bénéficie, à vie, d’une retraite de la part de Carrefour de 517 810 euros par an. Initialement prévue à hauteur de 453 000 euros, cette retraite annuelle a été augmentée -eu égard aux performances du groupe en 2017- lors du dernier conseil d’administration tenu le 11 avril.
Réponse de le 15/06/2018 à 10:58 :
@lachose Totalement hors sujet et aucun intérêt ce copier coller.
Réponse de le 15/06/2018 à 19:43 :
@stera

Ah, c'est toi qui décide ici des commentaires à mettre ou pas .Si, cela ne te plais pas ,tu passes ton chemin, c'est simple,non ?
Réponse de le 15/06/2018 à 22:03 :
Hors sujet absolu : plus que 47 mois, dernières élections pluralistes et libres, et votre Dictateur Mélenchon et Caramade Martinez nous gratifieront de leur paradis mi-vénézuelien / mi-nord-coréen. Vous n'aurez que les chaines, radios, journaux, à leur gloire, et La Tribune confisquée fera état du miracle de la France rouge.
a écrit le 15/06/2018 à 9:49 :
Comme d'habitude on courre derrière les américains parce qu'on cherche à les concurrencer directement alors qu'ils ont prit plusieurs longueurs d'avance nous condamnant à ^etre toujours derrière eux.

La foce de la chine c'est sa puissance étatique et son marché intérieur autoritaire qui lui permet de concurrencer aussi bêtement directement les américains mais comme ils disposent d'un marché, seul, de un milliard d'habitant ça leur laisse le temps de devenir ultra puissant quand il faut passer à la concurrence mondiale.

C'est pas terrible mais au moins ils arrivent à concurrencer les américains, nous pourrions devancer tout le monde en concevant des vidéos différentes, un concept original et fédérateur... Oups pardon je m'adresse à des propriétaires d'outils de production européens repus à la subvention étatique, au copinage et à la compromission ayant du coup éradiqué en eux toute notion de créativité et de compétitivité.

L'inertie oligarchique néolibérale européenne a anéanti l'économie européenne, vite un frexit.

"Dossier: Bouleversement démographique en Europe" https://www.monde-diplomatique.fr/2018/06/A/58729

"Hâte toi déclin !" Nietzsche
Réponse de le 15/06/2018 à 12:11 :
Les chinois ne peuvent en aucun cas concurencer les USA. Ils ne peuvent que "prioriser" leurs clients captifs. Ce que proposent leurs plateformes ne sont que des produits "made in China".
Ils resteront quoiqu'il arrive derriere le marche "occidental" dont celui des americains. Allez faire un tour en Chine et demandez l'avis du consommateur lambda chinois. Il vous repondra qu'il fait ce qu'il veut de son choix d'achat, donc de son argent.
Réponse de le 15/06/2018 à 12:57 :
"Ils resteront quoiqu'il arrive derriere le marche "occidental" dont celui des americains"

Oui mais c'est surtout grâce à la puissance économique et politique américaine qui fait que malgré leur population et leur régime autoritaire ils ne peuvent rivaliser.

Le monde entier joue sur le terrain et avec les règles des américains et on s'étonne d'être toujours humiliés par eux...

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :