French Tech : "Beaucoup de groupes français choisissent le Brésil comme centre d'innovation"

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Aline Bros, directrice de la French Tech de Sao Paulo.
Aline Bros, directrice de la French Tech de Sao Paulo. (Crédits : DR)
Fin 2016, la French Tech a mis en place le programme international des « French Tech Hubs » dans de grandes métropoles d'innovation dans le monde. Le cas du Brésil expliqué par Aline Bros, directrice du hub French Tech à Sao Paulo.

C'est dans le cadre de ses études, curieuse du fonctionnement des banques solidaires et de la cryptomonnaie, qu'il y a quatre ans Aline Bros a décroché une mission à Fortaleza, à Banco Palmas. «  Dans les années 2000, Banco Palmas avait lancé sa monnaie locale et réussi à développer un écosystème économique local (dont la renaissance des commerces de proximité) dans une favela située près de Fortaleza. Ce fut un niveau de développement important et ce grâce à un outil : une monnaie. Cette favela ressemble aujourd'hui davantage à un quartier populaire qu'à une favela ».

Afin d'engager les jeunes de la favela dans leur communauté, est née une école de programmation, Palmas Lab. La première étape fut l'apprentissage de création d'applications, confie-t-elle. « Aujourd'hui les équipes créent de la donnée sur la communauté, chose que les enquêteurs démographiques n'étaient alors pas en mesure de faire, notamment pour des questions de sécurité ».

Appuyer la communauté des entrepreneurs français

Quelques mois plus tard, après des allers-retours vers la métropole, elle rejoint la French Tech pour, cette fois, appuyer la communauté des entrepreneurs français. Une communauté volontaire et dynamique au Brésil qui s'implique dans ce hub. « Parce que de nombreux Français étaient installés à l'étranger, la France a lancé un appel à la communauté étrangère. La France a fait le pari de la diaspora. Les entrepreneurs français dans 12 pays ont répondu présents. Ravis et motivés de se réunir et de pouvoir s'entraider, les entrepreneurs français au Brésil font des choses sensationnelles, mais ils sont extrêmement discrets. »

Dans ce soutien aux entrepreneurs, attirer des fonds est une des grandes préoccupations de la French Tech, encore plus au Brésil, où « le taux directeur de la banque centrale était jusqu'à peu de 14% pour redescendre à 6,5%, mais les taux commerciaux n'ont pas suivis » souligne Aline Bros qui précise que « le défi au Brésil est le capital. Faire venir les investisseurs en est un, car il est impossible d'emprunter. »

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. « La France a totalisé l'an dernier 2,6 milliards d'euros, le Brésil sur la même période, a totalisé 850 millions de dollars soit + 20% par rapport à 2016. Plus de la moitié de cette somme a été partagée entre NuBank, 99 Taxis, Créditas et Movile. Au Brésil, il y a eu a peine 100 opérations d'investissements quand 600 ont lieu en France », explique-t-elle.

70 startups françaises au Brésil

Il existe 70 startups françaises au Brésil, la moitié sont des filiales d'entreprises françaises, comme Webedia lancée par Cyrille Reboul en 2013. Webedia compte plus de 400 employés entre Rio et Sao Paulo et ceci en partie grâce aux acquisitions des sites Tudogostoso (site de recettes) et Adorocinema, et après avoir séduit les youtubeurs stars du pays... « La première génération de startups était dédiée au e-commerce, depuis, d'autres sont nées dans le Ad commerce, la logistique... » L'autre moitié est composée de startups créées par des Français au Brésil, comme Loggi, le service de coursiers piloté par Fabien Mendés ou encore le site de vente en ligne de vêtements Dafity cofondé par Thibaud LECUYER ou Zarpo l'agence de voyages premium en ligne créée par Eloi Déchery.

Mettre en relation les entrepreneurs avec les réseaux locaux, se nourrir des expériences entrepreneuriales des uns et des autres, expliquer le fonctionnement du pays, prévenir des lourdeurs de la bureaucratie locale ou de simples différences culturelles font partis des missions de ce hub. « Un site de e-commerce qui se lance sans ce mode de paiement utilisé spécifiquement au Brésil appelé "boleto" va perdre six mois. Les retours d'expériences synthétisés tout comme l'accès au réseau sont primordiaux pour lancer sa startup au Brésil », raconte Aline Bros.

Trouver les talents qui ne sont pas formés

L'autre défi pour les entrepreneurs français et brésiliens est de trouver les talents qui ne sont pas formés en nombre suffisant. En effet, les profils de développeurs, de datascientist à chief technical officer, sont très recherchés.

« Le Brésil compte 210 millions de personnes, early adopters, beaucoup de groupes français et internationaux choisissent le Brésil comme centre d'innovation. Ils testent ici et appliquent sur d'autres marchés. Caixa Seguradora avec CNP assurances a lancé la startup d'assurances en ligne qui s'appelle Youse» conclut Aline Bross.

Lors du concours international « French Tech tickets » en 2017, sept Brésiliens ont été sélectionnés. Après trois années de crise économique, le secteur de la tech manifeste une belle dynamique au Brésil qui compterait plus de 10.000 startups dont 3 qui sont évaluées à plus de 1 milliard de dollars chacune.

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Commentaires
a écrit le 23/05/2018 à 12:59 :
c’est un phénomène identique au nombre très important de Britanniques qui deviennent des citoyens Allemands à cause du Brexit. ( c’est le même principe)
Big data vous voit ...il vous a à l’oeil ;-)

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