La French Tech va-t-elle enfin engendrer des licornes ?

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Mounir Mahjoubi, secrétaire d'État au Numérique, et Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, inaugurent le Swave, l'incubateur fintech de la Défense, le 9 mars.
Mounir Mahjoubi, secrétaire d'État au Numérique, et Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, inaugurent le Swave, l'incubateur fintech de la Défense, le 9 mars. (Crédits : Sipa)
Après une année 2017 exceptionnelle, l'écosystème de la French Tech se confronte à de nouveaux défis : faire grandir ses startups pour lancer de nouvelles licornes (startups valorisées plus d'un milliard de dollars), favoriser la parité et la mixité sociale, et créer les soupapes de sécurité pour résister à un probable retournement de cycle à moyen terme.

La nouvelle a fait l'effet d'une bombe. Le 6 mars dernier, la startup lilloise Giroptic, présentée comme un futur leader mondial des caméras à 360° depuis... 2008, dont la technologie a été saluée par les plus grands dont Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, a mis la clé sous la porte. La faute à un marché qui n'émerge toujours pas malgré les promesses, et à des investisseurs qui ont fini par perdre patience, refusant de poursuivre la mise sous perfusion en attendant des jours meilleurs. L'ex-emblème de la French Tech, symbole - avec d'autres - de l'excellence technologique française, rejoint ainsi un cimetière déjà bien garni de champions potentiels qui se prennent les pieds dans le tapis faute de financements et d'un marché viable.

La période de "rattrapage" touche à sa fin

Faut-il voir dans cet événement un simple couac ou un signe tangible de lendemains qui déchantent pour la French Tech ?

« Giroptic s'est arrêté, mais il ne faut pas sonner la fin de la French Tech pour autant. C'est un métier à risque et il y a de la casse : des sociétés se créent, d'autres disparaissent... Cela fait partie du cycle de la création », relativise Nicolas Celier, cofondateur du nouveau fonds d'investissement Ring Capital.

S'il est exact que 9 startups sur 10 font faillite au bout de quelques années (la proportion est similaire partout dans le monde), la chute de Giroptic reste néanmoins symbolique. « Elle révèle des limites dans le financement de long terme et rappelle que les startups sont in fine des entreprises comme les autres », estime Nicolas Rose, partner du fonds XAnge. L'échec de Giroptic survient aussi à un moment de bascule pour la French Tech : l'euphorie béate liée à la « coolitude » du phénomène startup est bel et bien terminée. Et c'est une bonne chose : désormais entré dans une phase de maturité, l'écosystème se confronte enfin à la question de sa soutenabilité.

Les enjeux sont surtout économiques : comment faire grandir et perdurer les pépites qui éclosent dans toute la France ? Comment créer de nouveaux champions français du numérique capables de dominer leur marché, tels un Facebook ou un Criteo ? Les défis de la French Tech sont aussi sociétaux, comme le montrent les dénonciations de plus en plus nombreuses des conditions de travail dans les entreprises de la tech, à l'image des livreurs à vélo de Deliveroo, et le manque de mixité sociale ou de parité femmes-hommes dans un milieu trop blanc, trop masculin et dominé par la classe supérieure.

Record de levées de fonds en 2017

D'après de nombreux experts, la période de « rattrapage » de la French Tech vis-à-vis de pays comme le Royaume-Uni ou l'Allemagne touche à sa fin. Autrement dit : la croissance exceptionnelle de l'ensemble de l'écosystème français devrait commencer à  ralentir.

« Il y a désormais assez d'argent en amorçage et sur les séries A et B [jusqu'à 10-15 millions d'euros, ndlr] pour couvrir les besoins du marché et entretenir la dynamique », estime Nicolas Rose.

Effectivement, dans la plupart des secteurs (de l'IA aux services Internet en passant par le logiciel ou les fintech, notamment), les jeunes startups trouvent plus facilement de quoi se financer et leurs valorisations, si elles restent bien moindres qu'aux États-Unis ou au Royaume-Uni, remontent.

Preuve de ce dynamisme, les fonds de capital-risque français ont levé en 2017 quasiment autant d'argent que leurs homologues britanniques (respectivement 2,7 milliards d'euros et 3,2 milliards d'euros ; contre 1,7 milliard pour la France et 4,2 milliards pour le Royaume-Uni en 2016, selon Dealroom) et plusieurs fonds ambitieux se sont lancés ces deux dernières années, de Korelya Capital - dirigé par Fleur Pellerin -, à Daphni - porté par Marie Ekeland -, en passant par Ring Capital ou OneRagtime.

En 2017, la France a aussi consolidé sa deuxième place européenne pour les levées de fonds, derrière le Royaume-Uni : les startups tricolores ont levé pas moins de 2,5 milliards d'euros, pour 605 opérations, d'après l'étude annuelle publiée par le cabinet de conseil EY, contre 2,1 milliards d'euros en 2016 et moins de 1 milliard en 2014.

Le lancement à Paris de Station F, le plus grand campus de startups au monde, les annonces d'investissements en France de géants mondiaux comme Facebook, Google ou encore SAP, la démonstration de force des pépites hexagonales au CES de Las Vegas, et enfin l'élection d'Emmanuel Macron, saluée par les milieux économiques, ont contribué à renforcer considérablement l'attractivité de la French Tech et à crédibiliser pour de bon le pays en tant que "startup nation". L'essor de l'intelligence artificielle (IA), de la blockchain, des deep tech, de l'Internet des objets et la digitalisation rapide de nombreux secteurs (immobilier, assurance, numérisation des PME et TPE...) offrent en outre à la France de nombreuses nouvelles opportunités pour continuer de briller.

La France reste un "nain" du numérique

Il est donc hors de propos de parler de déclin pour la French Tech. En revanche, le changement de statut est réel et s'accompagne de nouvelles attentes : faire émerger des champions français d'envergure mondiale. Et c'est là que le bât blesse. Car si l'Hexagone a su se placer sur la carte mondiale de l'innovation et dispose d'atouts enviés partout ailleurs (la qualité de sa recherche, des ingénieurs parmi les meilleurs au monde, de nombreuses aides publiques et un écosystème dynamique), la France demeure toujours un « nain » du numérique.

Le nombre de licornes [startups valorisées plus de 1 milliard de dollars, ndlr] françaises reste « coincé » à quatre : le géant du ciblage publicitaire Criteo, la plateforme d'e-commerce Vente-privee.com, le leader mondial du covoiturage BlaBlaCar et le champion européen du cloud OVH. Et encore, Criteo et BlaBlaCar traversent actuellement une période de turbulences sur leur marché respectif... Le constat est amer, car l'Europe abrite actuellement 57 licornes, dont 22 pour le Royaume-Uni et 7 pour l'Allemagne et la Suède. Douze d'entre elles ont même acquis ce statut en 2017, alors que la dernière licorne française, BlaBlaCar, a rejoint le club en septembre 2015, il y a déjà près de trois ans, une éternité. La faute, en partie, à un véritable « trou dans la raquette » pour le financement des levées de fonds importantes, c'est-à-dire les tours de table supérieurs à 50 ou à 100 millions d'euros.

« Non seulement il n'y a que très peu d'argent en France pour le late-stage [le financement des derniers tours de table, NDLR], mais en plus les fonds français ne sauraient pas faire », tacle... un capital-risqueur parisien.

Le palmarès européen des levées de fonds de 2017 le montre bien : la plus grosse levée française (Actility, 71 millions d'euros) n'accroche même pas le top 10 européen, alors que quatre britanniques (Improbable, Deliveroo, Farfetch et TransferWise) ont levé plus de 250 millions d'euros et que la medtech suisse Roivant Sciences a même réussi à récolter 999 millions d'euros.

Cruelle absence d'investisseurs "longs" dans l'innovation

Les raisons de ce « trou dans la raquette » du financement sont multiples. L'absence d'investisseurs « longs » dans l'innovation, c'est-à-dire d'acteurs prêts à investir sur plus de dix ans (comme l'agence fédérale américaine Darpa ou des fonds de pension capables d'investir des montants significatifs dans le non-coté), est l'une des principales. L'écosystème français pâtit aussi de la frilosité des grands groupes, pourtant interlocuteurs naturels des startups. Qu'il s'agisse de contrats commerciaux, d'investissements, d'acquisitions, de partenariats ou de co-développement, les relations entre les startups et les géants de l'économie française sont très insuffisantes, voire cosmétiques. Un paradoxe alors que la France est le pays le plus représenté dans le classement Fortune 500, avec des leaders mondiaux dans tous les domaines.

Un chiffre dit tout : d'après le baromètre publié en novembre dernier par la French Tech et le cabinet Five by Five, les startups ne pèsent que 0,1% du montant dépensé par les grands groupes en achats... En l'absence d'une place de marché aussi forte que le Nasdaq, il n'est donc pas surprenant que les startups françaises peinent à trouver des portes de sortie, qui sont pourtant indispensables pour les fonds d'investissement. Même si certains arbres cachent la forêt (le rachat de Zenly par Snapchat pour plus de 300 millions de dollars), le montant moyen des rachats des startups françaises s'élève à peine à environ 25 millions d'euros, ce qui confirme la faible appétence pour le risque de nos mastodontes.

Le "micro string ficelle" de la French Tech

Les chantiers sont donc nombreux pour espérer voir poindre dans les prochaines années de nouvelles licornes françaises. D'autant plus que l'environnement macroéconomique pourrait bientôt s'assombrir. C'est la crainte du lobby du numérique France Digitale, reprise en chœur par de nombreux entrepreneurs et investisseurs depuis le mois de janvier. Jean-David Chamboredon, chef de file du mouvement des "pigeons" et de la récente contestation contre l'extension aux startups du décret Montebourg sur les investissements étrangers, craint que la French Tech « n'ait pas de maillot de bain pour cacher [sa nudité], quand la marée se retirera », paraphrasant une maxime célèbre de Warren Buffett.

D'après lui, la France n'aurait même actuellement qu'un « micro string ficelle » pour se protéger d'une nouvelle tempête sur l'économie mondiale. Autrement dit, le cofondateur du fonds Isai craint que la French Tech ne soit pas prête à faire face à un assèchement des liquidités.

« Sachant que le dernier retournement de cycle économique date de la fin de 2008, et que lesdits cycles durent rarement plus d'une dizaine d'années, la question de la résilience de notre écosystème en cas d'un tel retournement va bientôt se poser », met-il en garde dans un billet sur LinkedIn.

Selon lui, un « coup de froid » sur l'économie mondiale aurait trois conséquences simultanées néfastes pour l'écosystème d'innovation français. Les grands groupes arrêteraient ou limiteraient fortement leur activité de corporate venture, privant les fonds de ressources financières. Les investisseurs internationaux se replieraient sur leur marché domestique, alors qu'ils participent à la plupart de « grosses » levées françaises de plus de 50 millions d'euros. Et la puissance publique, déjà fortement mobilisée avec Bpifrance qui irrigue l'ensemble de l'écosystème, n'aurait plus les moyens de « combler les trous ».

Pour le gouvernement, des chantiers de grande ampleur

L'État a bien identifié les problèmes et tente d'y répondre au cas par cas.

« Nous avons les talents, nous avons l'ambition, nous avons plein de startups géniales dans tous les domaines, mais il faut désormais les aider à grandir et à conquérir le monde », a résumé Mounir Mahjoubi au CES de Las Vegas, en janvier.

Le secrétaire d'État au numérique va dévoiler 132 propositions pour « casser les freins » des startups, fruit d'un « tour de France » lancé l'hiver dernier. Le rapport Villani, fer de lance de la stratégie française dans l'intelligence artificielle, prévoit aussi de créer une « Darpa française ou européenne » aux contours flous, qui viendrait compléter d'autres initiatives comme un fonds européen pour l'innovation de rupture de 10 milliards d'euros souhaité par Emmanuel Macron.

Les lobbys du numérique espèrent aussi profiter de l'examen de la loi Pacte pour obtenir un « fléchage » plus important d'une partie des fruits de l'assurance-vie vers l'innovation, afin de combler le trou du financement de late-stage. L'État doit également réfléchir au nouveau rôle de la Mission French Tech, qui se cherche toujours un directeur après le départ de David Monteau à la fin de 2017. Il faut notamment mieux y intégrer les scale-up, les startups en hypercroissance, comme y parvient le Royaume-Uni, et redéfinir la « marque » France. De la réussite de ces chantiers dépendra le succès de la French Tech dans les prochaines années.

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Levées de fonds en 2017

France : 2,5 milliards d'euros (2,1 milliards en 2016, source EY)
Royaume-Uni : 7,2 milliards d'euros (source Dealroom)
Allemagne et Israël : 1,1 milliard d'euros (source Dealroom)

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Les 5 plus grandes levées de fonds en Europe en 2017

1. Roivant Sciences (Medtech, Suisse) : 999 millions d'euros
2. Improbable (réalité virtuelle, Royaume-Uni) : 456 millions d'euros
3. Deliveroo (foodtech, Royaume-Uni) : 436 millions d'euros
4. Farfetech (e-commerce, Royaume-Uni) : 360 millions d'euros
5. Transferwise (fintech, Royaume-Uni) : 254 millions d'euros

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Les 5 plus grandes levées de fonds en France en 2017

1. Actility (internet des objets) : 71 millions d'euros
2. Oodrive (cloud) : 65 millions d'euros
3. Doctolib (rendez-vous médicaux en ligne) : 61 millions d'euros en deux levées de 26 et 35 millions d'euros
4. Manomano (plateforme de bricolage) : 60 millions d'euros
5. Blade (PC dématérialisé) : 51 millions d'euros

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Commentaires
a écrit le 11/04/2018 à 15:15 :
Je préfère rester terre à terre
Au bout de trois ans quand les start up font faillite ... pour qui est l’ardoise ?
Du coup les subventions s'envolent aussi ...
Ne serais ce pas «  judicieux «  de changer la gestion administrative des start up ?

Donner des subventions seulement au groupement «  de talents Français et étrangers «  brevetés pour la France

Et seulement aux innovations « avec une intentionnalité «  50% utile ( besoin) et 50% pour faire du chiffre
Une façon de pérenniser les start up au départ ?
a écrit le 10/04/2018 à 9:45 :
Ou est le classement des startup qui font le plus gros chiffre d'affaire et la plus belle marge? Une levée de fonds ne fait pas de produit, ne crée pas de marché ni ne construit un empire si le sol est sablonneux...
a écrit le 10/04/2018 à 6:04 :
L'article, de bonne tenue par ailleurs, ne mentionne pudiquement pas l'éléphant dans la piéce, à savoir la fiscalité parculiérement défavorable en Françe au capital, au travail, et à la production. Le lien fourni à la fin permet cependant de trouver l'explication aux problèmes évoqués:

http://www.coe-rexecode.fr/public/Analyses-et-previsions/Documents-de-travail/Les-ecarts-de-prelevements-obligatoires-entre-la-France-et-la-zone-euro

- Les prélèvements sur le travail sont plus lourds en France que dans les autres grands pays.
- La France présente avec l’Italie les taux de prélèvements les plus élevés sur le capital.
- En France, les prélèvements obligatoires pèsent beaucoup plus fortement sur les coûts de production qu'en Allemagne.
- Les prélèvements obligatoires se distinguent en France par leur poids et leur progression.

À noter que la comparaison avec des pays de l'O.C.D.E. non-européens serait probablement plus cruelle encore.

Alors tant que l'état Français continuera à prélever sans retenue, il ne devra pas vraiment s'étonner qu'il ne reste pas d'argent à ses proies pour investir.
Il est par ailleurs en conflit d'intérêt en ce qui concerne le 'fléchage' de l'épargne, puisqu'il a besoin de financer sa dette de 2200 milliards d'Euros.
a écrit le 09/04/2018 à 17:21 :
Faut-il rêver aux "licornes" ? Après tout ce sont souvent des entreprises dont la valeur est largement surévaluée par des marchés souvent irrationnels et dont la valeur retombe aussi vite qu'elle est montée quand on commence à regarder de près leurs fondamentaux, capacité à générer un CA , réalisme du modèle économique, capacité à dégager une marge, capacité à dégager un bénéfice. Le retournement est souvent brutal et douloureux...
Réponse de le 09/04/2018 à 18:56 :
Suis quasiment jamais d'accord avec vous mais là je vous rejoins.

Valoriser une startup, à plus d'un milliard €, donc par définition, une entreprise qui n'a encore rien démontré, relève plus d'un schéma de Ponzi que d'une analyse réaliste et raisonnable. Ça ne peut que mal se terminer.

Sans aller jusqu’au milliard on doit aussi malheureusement constater que les millionnaires français (et il y en a 2 millions en France, ce n'est pas une race en voie de disparition) n'ont aucunement l'intention de risquer leur argent dans des startups françaises. Ce qui pose à la fois la question de la pusillanimité des banques et celle de l’opportunité de défiscaliser à outrance les bénéfices sur les produits financiers virtuels.
Réponse de le 09/04/2018 à 20:13 :
@ Bruno

Vous avez tout à fait raison. Quand vous dressez la liste des investisseurs qui mettent du pognon dans les licornes ce sont généralement déjà des multimillionnaires ou des milliardaires de la Silicon Valley, ou encore des investisseurs qui peuvent se permettre de dénicher la pépite et perdre de l'argent...comme à la roulette.

Il y a donc très peu d'investisseurs institutionnels comme les fonds de pension ou les fonds communs qui vont spéculer l'argent des épargnants dans ce genre de gimmick à la Ponzi... mais ça, c'est pour le principe, mais si on regarde la dernière crise économique, beaucoup de fonds étaient impliqués indirectement sans vraiment même s,en douter.

Pour terminer, je dirais que les licornes sont, à mon avis, ce qui a de plus proche de la bulle Internet où une foule d'entreprises n'avaient aucun plan d'affaires réaliste et viable même dans des conditions absolument idéales. Mais les licornes n'auraient à peu près aucun impact sur l'économie réelle aux États-Unis... et ça serait une belle idiotie de copier les américains pour faire chic, ''smart'' et moderne.
Réponse de le 09/04/2018 à 21:42 :
Vous avez parfaitement raison. Ne pas investir c'est mal mais au moins on est sûr de ne pas jeter de l'argent par les fenêtres.
Sur toutes ces start-up combien de technologies de rupture?
Ce qu'il faut c'est mettre de l'argent là où il y a un vrai potentiel durable en évitant soigneusement les marchands de rêves.
a écrit le 09/04/2018 à 13:41 :
En dehors des aspects technologiques, innovation, révolution numérique et autres...,
l'écosystème en question semble réservé à une élite. Et peut être même faut il une part d'inconscience pour y entreprendre ? Il faut au moins pouvoir répartir les risques à défaut de pouvoir s'en prémunir.

Les Français ne semblent pas avoir la culture de la finance et de l’investissent «productif». Cette frilosité est en partie due au climat parano des prélèvements fiscaux et de leur « complexi-insécurité » ? qui fait que beaucoup recherchent la défiscalisation ou l'assurance, plus que la participation économique.
Voir les comparaisons des fiscalités de l’épargne… : https://www.capital.fr/votre-argent/la-france-championne-d-europe-de-la-taxation-de-l-epargne-1175332
Il faut aussi comparer les niveaux d’imposition des sociétés elles mêmes : https://home.kpmg.com/xx/en/home/services/tax/tax-tools-and-resources/tax-rates-online/corporate-tax-rates-table.html.
De ce point de vue l’Europe n’est pas trop mal lotie, la moyenne se situe à 19,5%, globalement en dessous de l’Amérique du Nord et de l’Asie (https://home.kpmg.com/xx/en/home/services/tax/tax-tools-and-resources/tax-rates-online.html)
Il s’agit bien d’une moyenne, par contre au sein de l’Europe on est encore loin de « l’approche coordonnée » que prône l’UE (ACCIS et TTF ) et qui permettrait de rendre des pays compétitifs, autrement que par le seul dumping fiscal. Encore une fois la France est en tête des prélèvements (http://ec.europa.eu/eurostat/documents/2995521/8516002/2-07122017-BP-FR.pdf).

Quand aux actions et parts de sociétés, cela semble réservé à une élite experte et disposant des clefs des coffres forts des banques et des financements.
Cette complexité se rajoute au risque, puisque « intrinsèquement » le domaine en comporte de nombreux et qu’en cas de pertes l’Etat ne rembourse pas. Tout juste peut on déduire les moins-values, dans des cas particuliers. A compter du 1er janvier 2018, d’après une revue spécialisée le nouveau dispositif serait surtout intéressant pour les contribuables les plus imposés. A voir, mais dans tous les cas cela reste complexe. (http://www.lerevenu.com/impots-et-droits/fiscalite-des-placements/bourse-la-nouvelle-fiscalite-des-plus-values-et-dividendes).

Finalement, en l’état actuel des choses, le citoyen moyen semble surtout incité à investir dans la dette. Dommage, car à défaut de réformes structurelles cela nous condamnera à rester dans une sorte de spirale négative. Réformes qui dans un pays riche n’impliquent pas obligatoirement une baisse des dépenses, mais un meilleur usage et ce ne sont pas les exemples de gaspillages qui manquent.

Pas facile.

Voir aussi : https://www.economie.gouv.fr/cedef/comparaison-systemes-fiscaux-occidentaux.
Réponse de le 09/04/2018 à 20:28 :
@ velkavatar

Je pense que la clé de votre commentaire réside dans 3 secteurs précis dans lesquels les Français ne se trouvent pas trop déboussolés quand ils cherchent à ''investir'' prudemment :
1) Livret A
2) Assurance-vie
3) Immobilier

Les Français détestent le risque mais détestent encore plus apprendre quelque chose qui les rendraient encore plus insécures dans la vie de tous les jours... ce qui les mèneraient tout droit vers une hausse importante des doses d'anxiolytiques, de calmants et de somnifères... :-)
Réponse de le 15/04/2018 à 21:28 :
Malheureusement, le triptyque
1) Livret A
2) Assurance-vie
3) Immobilier
est catastrophique pour l'entreprenariat. Les banques ne jouent plus le jeu.
Mais bon être entrepreneur, parler argent, développement, devenir employeur, parler actions, capital, on a effrayé les citoyens et érigé le culte du fonctionnariat en dogme. Comme cela pas de création d'emploi ... mais au moins on est surtout pas devenu riche. Quand cela se passe bien, on peut devenir riche et ça c'est mal !! houuuu ...
a écrit le 09/04/2018 à 10:25 :
Et même les licornes porte par des entreprises se voient couper le fonds de refoulement par LCL sans aucune raison ni justificatif le 28 décembre pour être sûr de pouvoir liquider la boite discrètement ! Alors que l IBR montre une totale viabilité ...! A suivre au tribunal ou LCL vient de se faire bâcher en référé ! Sur le dossier ITN
a écrit le 09/04/2018 à 9:58 :
Le terme de licorne est bien adapté : c'est un être imaginaire... Quand on à pas d'idées, on vend du rêve !
a écrit le 09/04/2018 à 9:28 :
il faut encourager la course à la valorisation, la course à la poudre aux yeux à l'anglo-saxonne. la course à la pyramide de Ponzi, comme disait Jean-Charles Simon ("La plus grande pyramide de Ponzi de tous les temps", La Tribune, 30/08/2017).
mais d'un autre côté, il faut se prémunir contre un "retournement de cycle". :-)
a écrit le 09/04/2018 à 8:59 :
oui, il faut vite creer des licornes pas rentables financees par personne,, qui pourront subir la loi dailymotion, loi florange, demander l'avis aux syndicalistes en cas de rapprochement avec d'autres entreprises, et autres, puis constater que leur objet social doit repondre a tout, sauf a un objectif d'entreprise, grace a la loi pacte!........ il faudra un jour que les politiciens francais arretent de prendre leurs reves pour des realites, brailler des insanites, ca ne sert a rien, personne n'est dupe........ l'environnement francais est ce qu'il est, et c'est tout sauf favorable

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