Impression 3D : la santé, un marché à plus de 2 milliards de dollars en 2020

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La bio-impression pourrait représenter un marché à 3 milliards de dollars en 2025, selon Fabulous.
La bio-impression pourrait représenter un marché à 3 milliards de dollars en 2025, selon Fabulous. (Crédits : Reuters)
Le secteur santé et médical va voir son chiffre d'affaires multiplié par quatre d'ici à 2020, selon le cabinet de conseil français Fabulous, soit quatre fois plus qu'aujourd'hui. Les implants et guides chirurgicaux (la prothèse qui guide la chirurgie), ainsi que le marché de la bio-impression sont les domaines ayant le plus fort potentiel.

Le marché de l'impression 3D dans la santé serait "un marché par nature intarissable". Il  va progresser de 25% par an (contre 20% pour le secteur global) d'ici à 2020 et représentera 2,13 milliards de dollars en 2020 contre 490 millions aujourd'hui. Telle est la prévision avancée par Fabulous, un cabinet de conseil français spécialisé dans l'impression 3D.

"Le secteur santé et médical est celui qui a, et qui aura la plus forte croissance annuelle" sur les cinq prochaines années, juge Arnault Coulet, directeur du cabinet de conseil, interrogé par La Tribune. Revue de détail des domaines prometteurs dans la santé.

Les moteurs : implants et guides chirurgicaux

"Pour le moment, les secteurs les plus porteurs dans la santé sont ceux des implants et des guides chirurgicaux", explique Arnault Coulet. Les implants personnalisés représentent un marché de 800 millions dollars en 2014. Or celui-ci '"va devenir de plus en plus conséquent" car les implants personnalisés fabriqués par impression 3D "permettent de réduire les coûts et les délais de fabrication".

Par ailleurs "l'imprimante 3D donne la possibilité de créer des formes complexes", souligne Arnault Coulet et de détailler :

"Dans le secteur médical, on donne à un implant osseux une structure interne qui permet une meilleure vascularisation et adaptation de la prothèse pour se ressouder avec autres os. On peut ainsi créer des produits à haute valeur ajouté, pas faisable autrement."

Ainsi, "il y a moins de risques de commettre des fautes médicales".

Concernant l'utilité de l'impression 3D en tant que guide chirurgical, la technologie permet de reconstituer par exemple un modèle de crâne en 3D "pour étudier manœuvre opératoire avant opération", ajoute le directeur de Fabulous.

Un marché de trois milliards de dollars dans dix ans pour la bio-impression

Pour 2025, le cabinet de conseil voit un autre relais de croissance pour l'impression 3D dans la santé : la bio-impression -création de tissus vivants. Elle est pour le moment "en phase de recherche développement", en dépit de quelques phases d'application, mais "il y a une optique d'un marché à 3 milliards de dollars en 2025", estime Arnault Coulet. Parmi les sociétés prometteuses dans ce domaine, figure la biotech bordelaise Poietis.

Médicaments 3D et médicaments personnalisés

Enfin, autre vecteur de croissance : le secteur du médicament. Néanmoins, le cabinet de conseil ne chiffre pas la valeur de ce marché aujourd'hui balbutiant.

Pour rappel, les autorités sanitaires américaines (FDA) ont autorisé cet été pour la première fois un laboratoire pharmaceutique -Aprecia- à commercialiser un médicament imprimé en 3D. Ce cachet, à prise oral, est un traitement contre l'épilepsie. Cette technologie permet une formulation poreuse dont la dissolution dans la bouche est plus rapide. Outre l'aspect pratique et esthétique, cela est nécessaire pour que "le médicament agisse plus efficacement", note Arnault Coulet.

Le médicament personnalisé est une autre réflexion en cours. Cela permettrait de personnaliser la posologie (modalités d'administration des médicaments) en fonction du patient. Mais aucune visibilité non plus pour cette utilisation de l'impression 3D clairement "en cours de conception et recherche et développement".

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