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Technos & MediasInformatique

«Cloud» à la française: Fleur Pellerin justifie les deux projets concurrents

Photo de Delphine Cuny

Delphine Cuny

Publié le 02 octobre 2012 à 17:34 - Mis à jour le 12 janvier 2015 à 10:47

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La ministre déléguée à l'Economie numérique est venue défendre le choix de l'Etat d'investir dans les deux projets rivaux de centrales numériques de confiance, Cloudwatt, d'Orange et Thalès, et Numergy, de SFR et Bull. Les autres acteurs du secteur pestent contre cette concurrence qu'ils jugent déloyale.

Avec près d'un mois de retard sur son concurrent Numergy, porté par SFR et Bull, Cloudwatt, la société commune de «cloud computing» d'Orange et Thalès (surnommé Andromède initialement), a officiellement présenté ce mercredi son équipe et ses ambitions dans «l'informatique en nuage» (stockage à distance, ressources informatiques à la demande). La ministre déléguée à l'Economie numérique, Fleur Pellerin, est venue saluer ce lancement et justifier l'intervention de l'Etat, qui a investi, dans le cadre des investissements d'avenir, via la Caisse des Dépôts, 75 millions d'euros dans chacun des deux projets concurrents de «cloud» à la française, invoquant l'objectif de «restaurer la souveraineté numérique de la France», alors que les deux tiers du parc de serveurs dans le monde se trouvent en Amérique du Nord. «Le gouvernement a décidé de soutenir deux projets «cloud» de taille critique face à la concurrence nord-américaine. La volonté de l'Etat est de privilégier l'effet de levier plutôt que la concentration des efforts sur un seul projet. L'émulation ne peut apporter que des bénéfices. Cela permet aussi de partager le risque financier sur deux projets», a fait valoir la ministre.

Deux projets comme locomotives de l'écosystème français du «cloud»
Répondant indirectement aux critiques de certains acteurs établis du secteur qui ont dénoncé la «concurrence déloyale» de ces «clouds» souverains créés avec le soutien de l'Etat, tels que les hébergeurs Ikoula et Gandi ou le fournisseur de services Cheops Technology, ou même IBM, Fleur Pellerin a plaidé que «ces deux projets doivent être les locomotives pour l'écosystème du «cloud» , en particulier les acteurs du logiciel à la demande (SaaS). L'ambition du gouvernement dans le «cloud» ne s'arrêtera pas au soutien de ces projets, les PME ont un rôle majeur à jouer.» La ministre a ajouté que «l'important, c'est la différenciation des projets par rapport aux offres existantes. Aujourd'hui, il n'existe pas d'offres d'infrastructures cloud à la demande (IaaS)», c'est-à-dire pour le stockage. «En France, le cloud c'est déjà un marché de 2,8 milliards d'euros en 2012, en croissance annuelle de 35%. Ce n'est pas un virage technologique mais une opportunité», considère la ministre. De son côté, le patron de Cloudwatt, Patrick Starck, ancien de HP, Compaq et CA Technologies, affirme que sa société n'est «pas un hébergeur, ni un «outsourceur», car nous avons la conviction que ce métier sera amené à disparaître», et souligne qu'il travaille en partenariat avec des entreprises innovantes (Ysance, eNovance, Linagora, etc).

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Des offres standards et «lowcost» chez Cloudwatt
Le patron de cette «start-up atypique, bien dotée en capital» (à savoir 225 millions d'euros dont 44,4% venant d'Orange, 33,3% de la CDC et 22,2% de Thalès), vise un chiffre d'affaires de 500 millions d'euros dans cinq ans et la création de 300 à 500 emplois directs, quand Philippe Tavernier, le directeur général de Numergy (225 millions de capital également, détenu à 47% par SFR, à 33% par la CDC et à 20% par Bull). Interrogé sur la concurrence de cet autre «nuage» souverain, le patron de Cloudwatt a botté en touche: «il faut sortir des guerres picrocholines. La bataille est mondiale, face à des géants tels qu'Amazon qui a créé ce marché. Le premier succès sera d'adresser ce marché à la volumétrie importante à l'échelle européenne.» Cloudwatt ambitionne en effet de devenir «un des leaders européens du cloud» en produisant des services standards de stockage et de puissance de calcul «prêts à utiliser» pour les grandes entreprises, les PME/TPE et le secteur public. Les offres, facturées à la consommation, sans abonnement, seront «low-cost, ce qui ne veut pas dire de mauvaise qualité, sur un marché de masse, il faut être au juste coût». Mais elles ne seront dévoilées qu'en novembre et disponibles en décembre, alors que Numergy a déjà communiqué sa gamme de solutions de serveurs virtuels. Le stockage des données proposé par Cloudwatt sera localisé dans le tout nouveau data center de 5.000 m2 de son actionnaire, fournisseur et client Orange qui sera bientôt inauguré à Val-de-Reuil dans l'Eure. La division Entreprises d'Orange (OBS) et Thalès proposeront chacun à leurs clients leurs propres offres «cloudwatt inside» à plus forte valeur ajoutée.

Delphine Cuny

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