Clap de fin pour l'une des personnalités les plus controversées du monde du jeu vidéo. Bobby Kotick, directeur général historique d'Activision Blizzard, va quitter son poste au 1er janvier 2024. Ce vendredi, après deux ans de rebondissements, le feu vert du régulateur britannique au rachat de l'éditeur de jeux vidéo par Microsoft pour 69 milliards de dollars pousse le dirigeant vers la sortie. De quoi relancer le débat sur cette personnalité pour le moins clivante. En trente-trois ans à la tête de l'entreprise, Bobby Kotick n'a, en effet, cessé de diviser : les joueurs le détestent, les actionnaires l'adorent. Incarnation du capitalisme le plus froid dans un monde de passionnés, le dirigeant a hissé son entreprise dans le top 5 du secteur, quitte à piétiner les désirs de ses clients, les joueurs. Aujourd'hui, Activision Blizzard dispose à son catalogue de licences parmi les plus célèbres -et rentables- de l'histoire du jeu vidéo, à l'instar de World Of Warcraft, Call of Duty ou Candy Crush. Plus que jamais critiqué depuis 2021, Robert Kotick (de son état civil) va finalement sortir par la grande porte. Selon le New York Times, il partirait avec plus de 400 millions de dollars en poche grâce à l'opération.
En 1991, lorsque Kotick embarque avec lui un groupe d'investisseurs pour racheter Activision pour la modique somme de 400.000 dollars, l'entreprise, criblée par plus de 30 millions de dollars de dettes, se trouve au bord de la faillite. Et pour cause : elle vient de rater son virage stratégique dans l'édition de logiciels généralistes, marqué par l'adoption du nom Mediagenic. L'homme d'affaires administre un véritable remède de cheval : 142 des 150 employés son licenciés, le nom original de l'entreprise fondée en 1979 est relancé et les locaux sont transférés à Santa Monica, en Californie. A l'époque, le marché du jeu vidéo ne convint pas encore les marchés financiers, et l'opération laisse sceptique.