Cybersécurité : les entreprises européennes restent frileuses dans leurs investissements
François Manens
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

L'Europe est en retrait dans les investissements en cybersécurité.
iStock
François Manens
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

L'Europe est en retrait dans les investissements en cybersécurité.
iStock
Les entreprises européennes trop timides en matière de cybersécurité ? C'est la question que soulève le rapport IT Security Economics de Kaspersky, résultat d'entretiens auprès de plus de 3.000 entreprises. D'après l'étude, les PME (de plus de 50 salariés) et les grandes entreprises européennes prévoient d'augmenter leurs budgets en sécurité informatique de 10% sur les trois prochaines années. Une tendance encourageante pour le secteur, qui reste cependant inférieure à la moyenne internationale, qui avoisine les 15%.
Dans le détail, les budget médian des grandes entreprises européennes interrogées dans l'enquête s'élevait à 2 millions de dollars, contre 3,75 millions de dollars pour la moyenne internationale. Ce décalage doit cependant être mis en perspective avec la taille des budgets informatiques, respectivement de 6,8 millions et 12,5 millions de dollars.
« La pandémie a d'abord eu un effet de ralentissement sur le marché de la cybersécurité, car les entreprises ont privilégié les investissements dans leur transformation numérique, pour mettre leur infrastructure en place le plus vite possible. Mais depuis 2021, nous avons observé une grande relance du marché car la complexification des systèmes d'information signifie un agrandissement de la surface d'attaque à protéger », développe auprès de La Tribune Noémie Minster, porte-parole de Kaspersky. Plus de 50% des entreprises interrogées citent en effet cette complexification des infrastructures informatiques comme l'une des principales raisons d'augmenter les budgets de cybersécurité.
À lire également
La relation de cause à effet est relativement simple : chaque nouvelle machine connectée au réseau de l'entreprise est une potentielle nouvelle porte d'entrée pour les cyberattaquants, et chaque nouveau logiciel utilisé par l'entreprise peut se transformer en un point de défaillance. De plus, lorsque les réseaux gagnent en taille, la surveillance des échanges de données et la détection de comportements anormaux deviennent plus difficiles. Pour compenser cette augmentation du risque, les entreprises allouent donc plus de ressources, humaines ou techniques, pour garder la maîtrise du fonctionnement et des accès à leurs systèmes.
François Manens