En déplacement au Campus Cyber, le ministre délégué au Numérique Jean-Noël Barrot a présenté sa feuille de route afin de renforcer la cybersécurité des citoyens. Pour y parvenir, il s'appuiera sur trois piliers : la prévention, le cyberscore, et le filtre anti-arnaques, des projets encore assez flous à l'heure actuelle mais dont les contours se dessinent. Explications.Une meilleure protection pour le grand public. Visitant le Campus Cyber -le nouveau lieu de rassemblement de l'écosystème de la cybersécurité- pour annoncer sa feuille de route, le ministre délégué au Numérique Jean-Noël Barrot avait un message clair. "L'augmentation des incivilités numériques sape la confiance des citoyens dans le numérique", a-t-il constaté, chiffres à l'appui. Chaque jour, en moyenne 500 demandes d'assistance sont déposées sur cybermalveillance.gouv.fr, le dispositif public de renseignement sur l'aide aux victimes, tandis que sept attaques sophistiquées sont remontées à l'Anssi, le gendarme français de la cybersécurité chargé entre autres de protéger les organisations critiques.
Mais alors que les investissements vers le secteur ont déjà été annoncés au travers des plans France Relance et de France 2030 notamment, il reste un maillon de la chaîne à consolider : celui de la cybersécurité des particuliers.
Des gestes barrières pour le numérique
Pour atteindre son objectif de "garantir la cybersécurité du quotidien", Jean-Noël Barrot a insisté sur trois axes. Premièrement, il compte mettre l'accent sur la prévention afin de la généraliser. Concrètement, le gouvernement va promouvoir auprès des Français des « gestes barrières » numériques à adopter en ligne, comme mettre à jour ses logiciels souvent, ne pas cliquer sur les liens envoyés par des sources inconnues ou changer régulièrement ses mots de passe [l'efficacité de cette dernière mesure fait par ailleurs débat parmi les experts, ndlr]... « Ce sont des gestes simples, qui ne nécessitent pas de connaissances techniques avancées, mais peuvent annuler des attaques », résume le ministre. Bien qu'ils soient encore mal assimilés, ces conseils n'ont rien de nouveau et sont distillés depuis des années à plusieurs niveaux. Mais le gouvernement ne s'était pas engagé dans une campagne de prévention d'ampleur jusqu'ici.
Deuxièmement, le ministre prévoit de déployer le cyber-score à l'échelle nationale d'ici fin 2023. Ce projet, issu du parlement, a pour but de reproduire le modèle du nutri-score à la cybersécurité. Le nutri-score affiche une évaluation entre A et E sur les emballages des produits alimentaires, selon la qualité nutritionnelle des aliments. Le cyber-score sanctionnera quant à lui la qualité de la protection des données du service consulté par l'internaute. Mais pour l'heure, ses contours restent très flous : ni les critères d'évaluation, ni le type de notation n'ont encore été définis. Seul détail connu : les certificateurs qui attribueront le cyber-score seront agréés par l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi).