Depuis mercredi, des hackers pro-russes menacent bruyamment de s'attaquer au « système bancaire européen ». Cette prétendue offensive dans le cyberespace s'inscrit en représailles au soutien occidental à l'Ukraine, dans un contexte de contre-offensive ukrainienne contre la Russie. Mais ces menaces ne sont pas à prendre au sérieux en l'état, selon le consensus des experts.Les banques européennes sont-elles vraiment menacées ? Vendredi 16 juin, une coalition de hackers pro-russes composée des groupes Killnet, Anonymous Sudan et REvil a annoncé le lancement d'une série d'attaques contre les systèmes de transactions bancaires internationaux. Dans une vidéo mise en ligne deux jours plus tôt sur une chaîne Telegram, ils avaient menacé de faire tomber le système financier européen sous 48 heures.
Apparaissant masqués à la caméra, ces « hacktivistes » [terme qui désigne des hackers activistes, ndlr] reprennent toute une série de stéréotypes dans leur mise en scène : silhouette effrayante, couleurs saturées, musique digne d'un blockbuster américain et phrases détonantes. Ils menacent de mettre en œuvre « la destruction du système bancaire européen », et préviennent qu'il s'agit plus que d'un simple « avertissement ».
Un coup de com' plus qu'un véritable danger
Mais même si les menaces des hackers s'avéraient sérieuses, la solidité des systèmes de transactions bancaires occidentaux représenterait un obstacle bien trop important pour ces groupes. « Ces groupes n'ont pas la capacité technique de réaliser ce qu'ils prétendent », explique à La Tribune Maxime Arquillière, analyste en cybermenaces chez Sekoia. L'expert rappelle que si « toute attaque reste à surveiller », il ne s'attend pas à une attaque d'ampleur « en tout cas à la hauteur de ce qu'ils clament ». « Les systèmes de transaction financières internationaux sont extrêmement robustes, et sont loin d'être à la portée de groupes activistes comme on a là », insiste Maxime Arquillière.
Comme souvent, les menaces relèveraient moins d'un véritable danger que d'un coup de communication. L'expert parle d'un « effet d'annonce », qui vise à « porter le narratif russe et critiquer le soutien occidental à l'Ukraine ». Autrement dit, même si les agences de cybersécurité européennes restent en alerte sur ce genre de menaces, elles ne s'inquiètent pas outre-mesure de leur potentielle mise en œuvre.