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IA : Deepseek inquiète les autorités italiennes

latribune.fr

Publié le 31 janvier 2025 à 06:22 - Mis à jour le 31 janvier 2025 à 11:37

L'autorité italienne de protection des données personnelles (GPDP) a lancé jeudi une enquête sur le robot conversationnel de la start-up chinoise DeepSeek.

L'autorité italienne de protection des données personnelles (GPDP) a lancé jeudi une enquête sur le robot conversationnel de la start-up chinoise DeepSeek.

Frank Rumpenhorst/dpa via Reuters Connect

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L'autorité italienne de protection des données personnelles (GPDP) a interdit au robot conversationnel chinois d'utiliser les données des Italiens. Une enquête est ouverte mais l'Italie n'est pas le seul pays à montrer des signes d'inquiétudes.

Face à l'IA générative chinoise, Rome se protège. L'autorité italienne de protection des données personnelles (GPDP) a lancé jeudi une enquête sur le robot conversationnel de la start-up chinoise DeepSeek. Elle lui a ainsi interdit de traiter les données des utilisateurs italiens.

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DeepSeek fait naître l'espoir d'un nouveau souffle pour l'IA européenne

Dans un communiqué, l'autorité a déclaré avoir ordonné « de toute urgence et avec effet immédiat la restriction du traitement des données des utilisateurs italiens par Hangzhou DeepSeek Artificial Intelligence et Beijing DeepSeek Artificial Intelligence, les sociétés chinoises qui fournissent le service de chatbot DeepSeek ». Dans le même temps, elle indique avoir ouvert une enquête.

Des réponses «insuffisantes»

Le régulateur a déclaré avoir décidé d'agir après avoir reçu des réponses « totalement insuffisantes » à ses questions sur l'utilisation des données personnelles par l'entreprise d'intelligence artificielle. Mardi, l'autorité italienne avait annoncé avoir posé des questions à DeepSeek sur la manière dont les données personnelles étaient collectées, à partir de quelles sources, à quelle fin, et où elles étaient stockées. « Contrairement à ce qui a été observé par l'autorité, les entreprises ont déclaré qu'elles n'avaient pas d'activité en Italie et que la législation européenne ne s'appliquait pas à elles », indique le communiqué de jeudi.

L'autorité italienne avait également demandé quel type d'informations était utilisées pour entraîner le système d'IA de DeepSeek et, si les données étaient extraites d'internet, de clarifier la façon dont les utilisateurs du service sont informés du traitement de leurs données.

A LIRE AUSSI

DeepSeek : après la tech américaine, l'IA chinoise balaie les marchés asiatiques

En décembre, l'organisme de surveillance italien avait infligé une amende de 15 millions d'euros à OpenAI pour l'utilisation de données personnelles par son populaire chatbot ChatGPT, mais l'entreprise technologique américaine a annoncé qu'elle ferait appel. L'enquête a commencé en mars 2023 lorsque le GPDP a temporairement bloqué ChatGPT en Italie pour des raisons de confidentialité, devenant ainsi le premier pays occidental à prendre une telle mesure.

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De nombreux pays inquiets

Même combat dans d'autres pays. Le régulateur sud-coréen chargé de la protection des données personnelles va également demander des explications à la start-up chinoise concernant son traitement des informations. « Nous comptons soumettre par écrit dès vendredi une demande pour obtenir des informations concernant la manière dont DeepSeek traite les données personnelles », a indiqué à l'AFP un responsable de la Commission sud-coréenne de protection des informations personnelles, sans plus de détails. Les géants technologiques sud-coréens comme Samsung Electronics ou son rival SK hynix sont des fournisseurs majeurs des microprocesseurs avancés utilisés pour les serveurs d'IA.

En Europe, la Cnil en France, chargée de la protection des données, et l'autorité de régulation irlandaise vont elles aussi demander des informations à l'entreprise chinoise. « Afin de mieux comprendre le fonctionnement de ce système d'IA et les risques en matière de protection des données, la Cnil va interroger la société qui propose le chatbot DeepSeek », a-t-elle indiqué, tout en précisant n'avoir « enregistré ni signalements ni plaintes concernant DeepSeek » et son robot conversationnel R1. À ce stade, son service spécialisé dans l'intelligence artificielle « procède à une analyse de cet outil ».

L'autorité irlandaise, la Data Protection Commission (DPC), a de son côté « écrit à DeepSeek » pour « demander des informations sur le traitement des données effectué concernant les personnes concernées en Irlande ».

Mardi, le ministre australien de l'Industrie et des Sciences avait fait part de ses préoccupations à propos de DeepSeek, en invitant les utilisateurs à être « très prudents ». « Il y a beaucoup de questions auxquelles il faudra répondre sur la qualité, les préférences des consommateurs, la gestion des données et de la vie privée », a déclaré Ed Husic à la télévision nationale ABC, insistant sur la nécessité d'« être très prudent » face au chatbot chinois. Il a ajouté que les entreprises chinoises différaient parfois de leurs rivales occidentales en ce qui concerne la protection de la vie privée des utilisateurs et la gestion des données. Déjà en 2018, l'Australie a exclu le géant chinois des télécommunications Huawei de son réseau 5G national pour des raisons de sécurité nationale.

Révolution du chatbot chinois

Basé dans la ville de Hangzhou, dans l'est de la Chine - parfois appelée la « Silicon Valley chinoise » - DeepSeek a déclenché la panique à Wall Street cette semaine avec son nouveau chatbot. Le rival chinois de ChatGPT a surpris les analystes par sa capacité à égaler les performances de ses principaux concurrents américains, qui dominaient jusqu'à présent l'intelligence artificielle (IA) générative, pour une fraction de leurs coûts.

L'application a grimpé en tête des téléchargements sur l'App Store. Selon un article détaillant son développement, le modèle de DeepSeek n'a été entraîné qu'avec une fraction des puces utilisées par ses concurrents occidentaux.

A LIRE AUSSI

IA : pourquoi le chinois DeepSeek panique la tech américaine

Les actions de grandes entreprises technologiques aux États-Unis et au Japon ont chuté lundi face au défi posé par DeepSeek, comme celles de Nvidia, leader mondial des composants et logiciels pour l'IA, ou du géant japonais SoftBank, investisseur clé dans un projet américain de 500 milliards de dollars pour développer des infrastructures en IA. L'action de Nvidia a plongé de 17% en clôture à Wall Street lundi et le groupe californien a perdu près de 590 milliards de dollars de capitalisation boursière.

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Marc Andreessen, un investisseur et proche conseiller du président américain Donald Trump, a qualifié DeepSeek de tournant « pour l'IA », comme l'était « Spoutnik », en référence au lancement du satellite soviétique qui avait déclenché la course à l'espace durant la guerre froide.

(Avec AFP)

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