L’antivirus Norton franchit-il une ligne rouge en incitant ses clients à miner des cryptomonnaies ?
François Manens
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Début juin, Norton annonçait l'ajout à son antivirus grand public d'une étrange fonctionnalité : la possibilité de "miner" une cryptomonnaie, l'ethereum. Étrange car cette option, baptisée Norton Crypto, ne renforce en rien la protection des clients de l'éditeur de logiciels.
D'abord testée sur un nombre de clients limité, la fonctionnalité est depuis plusieurs semaines accessible à tous les propriétaires d'une licence Norton 360. Mais alors que son déploiement était passé relativement inaperçu, l'auteur et journaliste spécialisé Cory Doctorow a remis le sujet sur la table le 4 janvier. "C'est complètement délirant. Norton "Antivirus" installe désormais sournoisement un logiciel de cryptominage sur votre ordinateur, puis prélève une commission", écrit-il.
Si cette envolée est approximative -l'utilisateur doit autoriser l'installation du cryptomineur-, elle reflète les critiques de nombreuses experts du secteur à l'égard de l'initiative. D'autant plus que Norton 360 est à la fois l'un des antivirus grand public les plus connus de par son ancienneté, et aussi l'un des plus utilisés avec environ 10% de parts de marché en 2020.
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Pour comprendre l'origine des critiques, il faut s'intéresser au fonctionnement des cryptomineurs. Ces logiciels servent à mettre la capacité de calcul d'un ordinateur -et donc, ses ressources matérielles- au service d'une blockchain. Les blockchains, comme celle du bitcoin ou de l'ethereum, ont besoin de la puissance de calcul de contributeurs pour effectuer les opérations mathématiques nécessaires à la validation des transactions. En échange de cette aide, les contributeurs reçoivent une fraction de la valeur créée, c'est-à-dire un certain montant de cryptomonnaie.
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