ANALYSE. Nvidia a pris du retard dans la production de sa prochaine génération de processeurs d'IA, Blackwell, très attendue par les géants de la tech. Le délai pourrait légèrement pénaliser ses clients, mais il ne devrait pas affecter les résultats financiers de l’entreprise à court terme, comme le démontre l'excellent bilan du troisième trimestre.Le marché frétillait mercredi. En attendant les résultats financiers de Nvidia au troisième trimestre, c'est 7 à 8 % des actions, soit près de 500 milliards de dollars de capitalisation que les investisseurs s'apprêtaient à échanger. « À ce niveau, la perception du marché est plus influencée par le récit autour de Nvidia que par les fondamentaux de marché, qui sont excellents et stables », rassurait alors Xiadong Bao, cogérant du fonds Big Data chez Edmond de Rothschild Asset Management. « Chaque mot de Jensen Huang [le PDG de Nvidia] va être disséqué », s'amusait-il. Finalement, l'action perdait un peu moins de 2% dans les échanges électroniques postérieurs à la clôture de Wall Street.
Pourtant, l'entreprise a une fois de plus présenté d'excellents résultats, qui ont écrasé les prévisions des analystes, avec 35,1 milliards de dollars de chiffre d'affaires (+94% sur un an) pour 19,3 milliards de dollars de bénéfice net (+109%). Seule minime ombre au tableau : l'entreprise prévoit de tasser légèrement sa marge brute à un taux compris entre 73% et 73,5%. « On pourrait chercher la petite bête, mais bien des sociétés s'arracheraient le bras pour une marge supérieure à 70%, d'autant plus que ce seuil ne semble pas en danger à court terme », relativise auprès de l'AFP Derren Nathan, analyste chez Hargreaves Lansdown.
Des retards aux allures d'alertes
Devenu depuis plus d'un an, le baromètre du boom de l'IA, et même celui de la totalité de la tech américaine, le spécialiste des processeurs a vu sa valeur s'envoler au point de devenir la première capitalisation mondiale, à plus de 3.500 milliards de dollars. Alors forcément, les marchés sont à l'affût du moindre signe de faiblesse qui pourrait marquer un retournement dans cette trajectoire exceptionnelle. Cette inquiétude a trouvé une cible depuis cet été : le retard pris dans la fabrication de la prochaine génération de processeurs de l'entreprise, Blackwell, qui pourrait décaler les livraisons de la fin d'année 2024 à la fin du premier trimestre 2025.