Blackwell, la nouvelle puce de Nvidia pour accélérer la course à l'intelligence artificielle
François Manens, à San Jose
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Photo d'une GB200, composé d'un CPU et de deux GPU Blackwell.
Nvidia
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Photo d'une GB200, composé d'un CPU et de deux GPU Blackwell.
Nvidia
« Nous avons besoin de plus de GPU. Alors mesdames et messieurs, permettez-moi de vous présenter un très, très gros GPU », a annoncé lundi soir Jensen Huang, fondateur et dirigeant de Nvidia, devant plus de 11.000 spectateurs. À l'occasion de la grande messe annuelle de l'entreprise, la GTC de San Jose, l'homme d'affaires a présenté sa très attendue nouvelle architecture de GPU, ces processeurs essentiels à la création des meilleurs modèles d'intelligence artificielle.
Nommée en l'honneur du mathématicien David Harold Blackwell, la nouvelle puce est près de deux fois plus grosse que sa prédécesseure Hopper, que s'arrachent depuis un an grandes entreprises et gouvernements aux quatre coins du monde. « C'est la plus grosse puce physiquement possible », a fait valoir Jensen Huang pour souligner l'avancée réalisée. Derrière ce changement d'architecture, une promesse : permettre aux développeurs d'intelligences artificielles, comme OpenAI, Google ou Mistral AI de créer des modèles d'IA jusqu'à dix fois plus gros, et donc, en théorie plus performants.
Pour s'y retrouver dans l'offre de Nvidia, il faut imaginer un système de poupées russes : Blackwell désigne une puce, qui n'est pas vendue séparément. Le premier produit de l'entreprise est la GB200, une « superpuce » dixit l'entreprise, qui embarque deux Blackwell et un autre type de processeur, connectés entre eux. Puis Nvidia peut lier plusieurs GB200 au sein d'un même serveur, c'est-à-dire une armoire où sont rangées plusieurs « superpuces ». Et enfin, elle peut connecter plusieurs armoires entre elles, pour créer de véritables supercalculateurs dédiés à l'IA, voire même un datacenter entier. Si le terme GPU désigne à l'origine seulement la puce, Jensen Huang l'utilise aussi pour nommer chacune de ces poupées russes.
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Comme d'habitude, le prix des produits de Nvidia n'est pas public. « Elle vaut dix milliards de dollars », ironise le dirigeant en désignant la « superpuce » GB200 qu'il porte dans sa main. Son équivalent d'ancienne génération, la H100, se vendait entre 30.000 et 40.000 dollars l'unité, le prix des serveurs entiers pouvait, quant à lui, dépasser les 350.000 dollars d'après la presse spécialisée. Puisque Nvidia prend une marge de près de 80% sur la facture grâce à sa situation de quasi monopole, il a pu exploser ses bénéfices sur les trois derniers trimestres. Sauf incident, Blackwell devrait prendre le relais de Hopper comme machine à cash de l'entreprise, afin d'adresser un marché que Jensen évalue à terme supérieur à 1.000 milliards de dollars.
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François Manens, à San Jose