Pourquoi Salesforce est passé à côté de Linkedin et Twitter

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Le patron de Salesforce Marc Benioff enchaîne les échecs actuellement dans ses projets d'acquisition.
Le patron de Salesforce Marc Benioff enchaîne les échecs actuellement dans ses projets d'acquisition. (Crédits : Thomas Cloer/Flickr)
Le patron de Salesforce Marc Benioff a expliqué les raisons qui ont mené à l'échec des négociations pour racheter Linkedin et Twitter.

Lors d'une conférence organisée par le Wall Street Journal à Laguna Beach en Californie mercredi 26 octobre, le PDG de Salesforce Marc Benioff a apporté de nombreux détails sur des acquisitions qui lui ont échappé récemment.

Linkedin en ligne de mire

Après l'annonce concernant le rachat de Linkedin par Microsoft en juin dernier, Marc Benioff avait révélé que Salesforce avait également fait une offre pour racheter le réseau social professionnel comme le soulignait Recode.

Le patron du géant américain dans le secteur des logiciels a évoqué de nombreux parallèles entre le modèle économique de Salesforce et celui de Linkedin lors de l'interview au WSJ. "Nous aimons réellement les fondamentaux du business de Linkedin,"  a-t-il affirmé, ajoutant qu'il aimait aussi "l'architecture de leur business [...] Je suis quelqu'un qui apprécie les différents types de modèle économique".

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D'après les propos rapportés par Reuters, Salesforce et Microsoft avaient deux visions opposées pour l'avenir de Linkedin. Benioff a expliqué que Microsoft avait prévu de lier les données de Microsoft et celles de Linkedin faisant référence à des paroles tenues par le vice-président de Microsoft Scott Guthrie lors d'une conférence à la Deutsche Bank il y a quelques semaines. Le patron de Salesforce craint dans le même temps que Microsoft s'approprie l'exclusivité des données des 450 millions de comptes Linkedin avec cette opération rappelle itespresso. "Cela pourrait créer des barrières pour les autres compagnies." Sauf que "la dernière fois que je me suis s'est renseigné, c'était illégal".

Marc Benioff se dit confiant dans la régulation européenne qui est en train d'étudier le deal entre Microsoft et Linkedin. Il pense que les gouvernements européens et la commissaire européenne à la concurrence Margrethe Vestager sont extrêmement "sensibles à l'usage des données spécialement en Europe". Cette dernière s'était exprimée à ce propos lors d'une allocution sur le thème du big data à Bruxelles :

"Pour faire le meilleur du big data, les gens doivent faire confiance aux sociétés pour qu'elles protègent leur vie privée".

Il se dit également soutenu par Oracle et l'éditeur de logiciels Infor dans son combat pour mettre la pression sur la Commission européenne qui doit valider le rachat de Linkedin par Microsoft. En effet, l'institution européenne examine depuis plusieurs jours le projet de fusion et devrait donner son accord avant la fin de l'année espère le directeur juridique de Microsoft Brad Smith comme l'indique Itespresso.

Twitter écarté

Si l'intérêt de Marc Benioff pour Linkedin est plus que jamais d'actualité, celui pour Twitter semble compromis. Fin septembre, de nombreuses firmes telles que Salesforce, Walt Disney et Google avaient mené une réflexion pour acquérir Twitter. Après de multiples rebondissements, toutes les sociétés avaient finalement renoncé.

>> Lire aussi : Google, Disney, Salesforce : qui mettra la main sur Twitter ?

Le dirigeant de Salesforce a annoncé au Wall Street Journal qu'il avait écarté l'idée de racheter Twitter à la suite d'une fuite dans la presse qui rendait compte de négociations pour acquérir le site de microblogging. "Nous avons étudié une centaine d'acquisitions possibles et en une quarantaine d'acquisitions effectuées, jamais nous n'avions été confrontés à de telles fuites. [...] C'est une situation qu'on ne sait pas vraiment gérer". Des actionnaires de Salesforce ont exprimé leurs inquiétudes sachant que la société de Jack Dorsey peine à être rentable depuis son lancement. Il a également ajouté que "nous avions une vision vraiment excitante de ce que nous voulions faire avec Twitter et c'est pourquoi nous étions impliqués [ndlr : dans ces négociations]".

Dans une interview au Financial Times le 14 octobre dernier, il avait déjà affirmé que "Twitter ne correspond pas à nos critères". Quelques heures après, l'action Twitter avait chuté en bourse à l'annonce de cet échec. Les projets de d'acquisition voulus par Salesforce semblent rencontrer de nombreux échecs actuellement.

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