Biotech : pourquoi Carmat a perdu la confiance des investisseurs
Esther Attias et Amélie Charnay
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Les investisseurs délaissent Carmat en raison de doutes sur sa gouvernance et sa rentabilité.
Carmat
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Les investisseurs délaissent Carmat en raison de doutes sur sa gouvernance et sa rentabilité.
Carmat
L'ironie est cruelle. Au moment même où une foule de financiers se presse au château de Versailles lors du sommet Choose France, en ce mois de mai, l'entreprise Carmat s'apprête à déposer le bilan. Personne ne se doute alors de l'urgence de la situation : son cœur artificiel est même mis en avant dans la vidéo promotionnelle « Make it iconic, choose France », entre la tour Eiffel, un croissant au beurre, la start-up Mistral AI et le sous-marin Nautile.
« Quand on fait battre les cœurs plus vite, ou quand nous les faisons battre à nouveau », énonce la voix off avec enthousiasme,« c'est iconique ». Quelques secondes de gloire qui n'éviteront pas le redressement judiciaire le 30 juin suivant. Un sacré revers pour cette biotech longtemps présentée comme une pépite française.
Pis : pas un fonds d'investissement, pas un gros acteur industriel de la santé, pas un consortium de family offices (gestionnaires de fortune) ne s'est manifesté pour reprendre l'affaire, qui compte 142 salariés et a besoin de 2,8 millions d'euros par mois pour fonctionner convenablement.
Pour sauver Carmat, seul le président du conseil d'administration de l'entreprise, l'ingénieur Pierre Bastid, entré au capital en 2016, a mis une offre sur la table via son family office Hougou. Après une première injection de 1,3 million d'euros en août pour garantir la trésorerie de court terme, le dirigeant — 215e dans le classement des 500 fortunes de France du magazine Challenges — promet 40 millions d'euros sur ses propres deniers pour que la firme puisse « tenir » d'octobre à janvier 2026. Il s'engage ensuite à tenter de lever 150 millions d'euros pour assurer les développements des cinq prochaines années.
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Esther Attias et Amélie Charnay