Le début de la fin de l'omerta pour les startups françaises face à Apple ? L'association professionnelle France Digitale, qui fédère environ 1.800 startups, a déposé une plainte, mardi matin, auprès de la Commission nationale informatique et libertés (Cnil). Celle-ci va pousser le régulateur des données personnelles à se pencher sur les pratiques de la firme à la pomme concernant la publicité ciblée, estimées illégales par le lobby des startups. "Apple ne joue pas selon les règles, ce qui pénalise le secteur de la publicité en ligne, et il est temps de le dénoncer", tonne à La Tribune Nicolas Brien, le directeur général de France Digitale. La démarche est un vrai coup de poing, car c'est la première fois que des startups, via une organisation sectorielle, attaquent frontalement la plus grande entreprise technologique au monde, avec laquelle ils entretiennent pourtant une dépendance économique complexe via l'Apple Store, unique porte d'entrée vers les utilisateurs d'iPhones.
Concrètement, le géant de Cupertino est accusé de ne pas demander le consentement de ses utilisateurs pour récolter des données personnelles qui sont ensuite utilisées pour proposer de la publicité ciblée sur ses applications maison (l'App Store, Apple News ou Bourse).
La notion de consentement explicite, c'est-à-dire l'acceptation de l'utilisation des données personnelles en toute connaissance de cause, est au cœur du Règlement général sur la protection des données (RGPD), entré en vigueur en 2018 dans l'Union européenne. Mais depuis la récente mise à jour des paramètres des iPhones et des ordinateurs Mac, Apple active l'option "publicités personnalisées" par défaut sur ses appareils. D'après la propre documentation d'Apple, cette option permet la diffusion de publicités ciblées basées sur l'exploitation d'informations personnelles et techniques, sur la géolocalisation de l'appareil ou encore sur l'utilisation des historiques de recherche et de navigation.