Sous pression, Apple allège sa commission sur les applications, mais seulement pour les petits développeurs

 |  | 778 mots
Lecture 4 min.
D'après le cabinet spécialisé SensorTower, interrogé par l'AFP, les dépenses des utilisateurs de l'App Store ont atteint 59,3 milliards de dollars du 1er janvier au 31 octobre 2020.
D'après le cabinet spécialisé SensorTower, interrogé par l'AFP, les dépenses des utilisateurs de l'App Store ont atteint 59,3 milliards de dollars du 1er janvier au 31 octobre 2020. (Crédits : Brendan McDermid)
Attaquée par une douzaine d'entreprises sur ce sujet, dont le mastodonte du jeu vidéo Epic Games, la marque à la pomme a décidé de réduire de moitié sa commission... mais seulement pour les petits développeurs. Or, ce sont les plus importantes applications qui génèrent l'essentiel des revenus d'Apple sur sa plateforme dédiée.

Est-ce une première victoire pour les grands éditeurs en croisade contre la "taxe Apple" sur les applications, ou une habile réponse sans trop de conséquences pour la marque à la pomme ? Celle-ci va réduire de moitié sa commission très critiquée, mais seulement pour les petits développeurs.

La société de Cupertino en Californie assure vouloir aider les petites entreprises à développer leur présence en ligne face au "défi économique mondial" causé par la pandémie. Mais cette décision arrive aussi après que de grands noms tels qu'Epic Games (l'éditeur du jeu-phénomène Fortnite) se sont élevés contre des conditions financières qu'ils jugent déloyales.

Lire aussi : Jeux vidéo : ce que Fortnite reproche à Apple et Google

De 30% à 15%

À partir du 1er janvier 2021, la commission d'Apple pourra être réduite de 30% à 15% sur les ventes d'applications comme sur les achats de biens et services numériques au sein de celles-ci pour les développeurs qui n'ont pas dépassé un million de dollars de revenus (après commission) lors de l'année précédente, a détaillé Apple dans un article de blog. Ce taux réduit s'appliquera également aux nouveaux venus.

Selon le groupe, une "vaste majorité" de développeurs est concernée parmi les 28 millions enregistrés sur sa plateforme incontournable pour tout utilisateur d'un appareil de la marque et qui permet la distribution d'1,8 million d'applications.

"Notre nouveau programme aidera les développeurs à financer leurs petites entreprises, les incitera à prendre des risques avec des idées nouvelles, à élargir leurs équipes et à continuer de créer des applications qui enrichissent la vie des gens", a commenté le PDG d'Apple Tim Cook, cité dans l'article de blog.

Le succès d'Apple dépend en partie des développeurs tiers qui produisent des applications pour ses plateformes, avait reconnu le groupe dans un communiqué financier en septembre. Ceux-ci doivent y être encouragés, et dans le même temps une réduction de la commission affecterait la performance financière, écrivait-il.

Mais si beaucoup de développeurs sont concernés, l'impact sur les revenus d'Apple pourrait être très peu conséquent, car selon des experts, les plus importantes applications génèrent l'essentiel des recettes.

Moins de 5% des revenus ?

D'après le cabinet spécialisé SensorTower, interrogé par l'AFP, les dépenses des utilisateurs de l'App Store ont atteint 59,3 milliards de dollars du 1er janvier au 31 octobre 2020. La part qui revient à Apple - composée des commissions de 30% sur les achats, de 15% sur les abonnements, et d'accords spécifiques avec certains éditeurs - n'est pas connue précisément.

En revanche, selon SensorTower qui s'appuie sur les données issues des éditeurs qu'il suit, seuls 4,9% de ces revenus proviennent de développeurs générant moins d'un million de dollars de recettes.

Le tarif réduit ne sera pas limité à la durée de la crise sanitaire et relève d'une vision de long-terme de l'évolution de l'App Store, a affirmé Apple lors d'un point presse avec des journalistes.

La commission remontera à 30% dès que le seuil d'un million de dollars (ou son équivalent dans une autre monnaie) sera dépassé.

Apple a expliqué à de nombreuses reprises que cette commission, d'un niveau standard dans le secteur, sert à assurer le bon fonctionnement de l'App Store et la sécurité des utilisateurs. L'entreprise affirme que 100.000 applications sont vérifiées chaque semaine et qu'il garantit ainsi que "chaque application soit fiable, fonctionne comme prévu, et soit exempte de contenu répréhensible".

Mais cette justification n'est pas suffisante pour une douzaine d'entreprises dont les applications musicales Deezer et Spotify, ou encore Match Group (l'éditeur de la très rentable application de rencontres Tinder), tous inéligibles au tarif réduit de la commission, et qui se sont joints à la grogne menée par Epic Games en fondant la "Coalition pour l'équité entre applis".

L'association veut faire évoluer la règlementation sur les magasins d'applis. Elle reproche aux opérateurs de plateformes mobiles - principalement  Apple (iOS) et Google (Android) - d'être à la fois juges et parties et d'écraser la concurrence en favorisant leurs propres produits.

"Les gardiens qui opèrent les magasins d'applis ne doivent pas abuser du contrôle dont ils profitent", avaient déclaré les sociétés.

Epic Games, qui a tenté en août de contourner le système de paiement d'Apple et donc les commissions imposées, a d'ailleurs vu son jeu ultra-populaire Fortnite être immédiatement banni de l'App Store. Les deux groupes californiens s'acheminent vers un procès qui pourrait avoir lieu en juillet 2021.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 19/11/2020 à 9:07 :
Je suis d'accord avec le fait que apple veuille tout contrôler afin de maximiser ces produits sois génant pour ceux qui lui sont soumis mais hô les gars !? C'est vous qui leur êtes soumis ! Depuis le début puisque vous dépendez du marché généré par apple et non généré par vous-mêmes !

Toujours un peu étrange cette situation...
a écrit le 19/11/2020 à 1:15 :
J'utilise Apple depuis ses débuts, 20 ans ou plus. Il est certain que la nouvelle direction a tendance à fermer de plus en plus leur produits, la fabrication de leur propre processeur en est une illustration. Mais, de plus, en ponctionnant comme il le font les éditeurs, il risque de se tirer une balle dans le pied et rester avec de magnifiques ordis très chers, fermés et ....sans logiciels.
De plus, j'ai constaté au fil du temps le manque de finition, de préparation, de leurs recents OS. Le dernier BIG SUR est une catha, certains programmes ne fonctionnent plus, ne s'ouvrent pas , blocage des autorisations, l'on ne peut faire de copies bootables du disque dur principal, c'est du grand n'importe quoi. A chaque copie on est obligé de ré-installer sur la copie l'OS Big Sur (environ une heure !!!!)

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :