Décarbonation maritime : inspirés des nageoires de baleine, les foils de Bluefins bientôt testés en mer
Pascale Paoli Lebailly
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La taille du foil développé par Bluefins d'après l'étude des mouvements des cétacés sera adaptée à celle des navires. Pour un bateau de 300 mètres, elle pourra atteindre 25 mètres de large sur 10 mètres de long.
C’est une étape de pré-industrialisation qui s’ouvre pour Bluefins. La start-up à impact spécialisée dans la décarbonation du transport maritime testera sur un navire de TSM, en février au large de Brest, sa technologie d’hydrofoil inspirée des mouvements de nageoires des baleines. Elle vise à propulser les gros navires grâce à la houle afin de réduire leur consommation de carburant de 20% en moyenne.
En matière de transport maritime, la feuille de route de l'Organisation maritime internationale (OMI) est claire : elle pose comme première échéance, l'obligation de réduire de 40% les émissions de carbone (par rapport à 2008) au 1ᵉʳ janvier 2030. L'objectif sera sans doute coûteux pour les entreprises du transport maritime (3% des émissions mondiales de CO2), mais ce premier défi, avant une échéance net zero en 2050, n'est pas insurmontable. De nombreuses startups et PME françaises travaillent déjà sur diverses solutions : des systèmes véliques ou de rotors au retrofit des moteurs en passant par des solutions de propulsion inédites, comme celle de Bluefins.
Depuis 2020, la start-up brestoise, un essaimage de l'Ifremer, déploie un système de propulsion biomimétique qui s'inspire du mouvement de queue des baleines pour réduire de 20% la consommation de carburant des navires. Attaché à un bras articulé et placé à l'arrière de la coque, l'hydrofoil en acier capte l'énergie houlomotrice pour propulser le bateau.
Essais en mer sur un remorqueur de 45 mètres de TSM
Après de premiers essais en bassin, réalisés en 2023 dans l'ancien bassin d'essais des carènes de la Direction générale de l'armement dans l'Eure (Normandie) et qui ont validé le modèle, l'entreprise de onze personnes vient de lever quatre millions d'euros en amorçage. Elle prépare ses premiers essais en mer prévus en février.
« On arrive sur la fin de la phase de R&D, au cours de laquelle des jumeaux numériques ont évalué la performance de notre solution sur des routes et des navires, pour entrer dans la phase démonstration et pré-industrialisation. Ce financement qui accueille comme nouveaux investisseurs BNP Paribas Développement, le groupe d'ingénierie navale GTT via son fonds GTT Strategic Ventures et le fonds Breizh Up de la Région Bretagne va aussi nous permettre de recruter et d'engager le déploiement commercial du produit » explique Philippe Ruffin. Directeur général de Bluefins depuis janvier 2024, il est le nouvel associé de l'architecte naval ingénieur hydrodynamique Olivier Giusti.
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