À l'origine du premier navire hydrogène autonome et zéro émission, Energy Observer a dévoilé jeudi 10 février au One Ocean Summit à Brest son nouveau projet industriel baptisé Energy Observer 2. Ce cargo polyvalent alimenté par de l’hydrogène liquide offrira d’importantes capacités de transport et une grande autonomie. Il doit répondre à la décarbonation des navires industriels autour de 5.000 tonnes. Le transport maritime représente 3% des émissions de CO2 mondiales.Construit en France, ce prototype dont la vitesse commerciale est estimée à 12 nœuds, sera mis à l'eau vers 2025. Doté d'une autonomie de 4.000 miles nautiques(7.400km) et alimenté à l'hydrogène liquide, il s'inscrit directement dans la suite des aventures du premier Energy Observer, un catamaran-laboratoire dédié aux énergies renouvelables. Engagé dans un tour du monde et vitrine de la propulsion à hydrogène, ce navire n'a pas suscité l'engagement des acteurs du transport maritime. Le cahier des charges d'Energy Observer 2 a donc été établi en fonction des besoins urgents de renouvellement des flottes de cargos polyvalents d'environ 5.000 tonnes de port en lourd. Un segment jugé prioritaire pour les ambitions d'Energy Observer.
Alternative au transport routier
« Le transport maritime compte pour 3% des émissions de CO2 chaque année dans le monde. L'ambition d'Energy Observer est de proposer des solutions prototypes tendant vers le zéro émission pour le transport de marchandises. Avec ce navire démonstrateur, nous souhaitons aller au bout de la décarbonation des navires industriels de tailles moyennes, en utilisant directement l'hydrogène comme combustible » fait valoir le malouin Victorien Erussard, président fondateur d'Energy Observer.
Comptant pour près de 37% de la flotte mondiale et utilisés sur des lignes intra-continentales et côtières, les cargos de 5.000 tonnes représentent une alternative au transport routier et peuvent faire escale dans des ports modestes sans logistique lourde.
Intégration de 70 tonnes d'hydrogène liquide
La conception d'Energy Observer 2 est prise en charge par le cabinet d'architecture navale LMG Marin à Toulouse, qui a livré, l'été dernier, à l'opérateur norvégien Norled, l'Hydra, le premier ferry à hydrogène liquide. Le futur cargo embarquera des réservoirs de 70 tonnes d'hydrogène liquide qui viendront alimenter un moteur électrique via des piles à combustible dont le modèle a été développé par EODev, la filiale technologique d'Energy Observer, experte en intégration de piles à combustible.