Le Covid-19 dépisté en un temps record par le labo miniature d'une biotech

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Loop Dee Science dépiste le Covid en 30 minutes au chevet du patient
Loop Dee Science dépiste le Covid en 30 minutes au chevet du patient (Crédits : DR)
CAEN. Créée il y a trois ans par un quarteron de pointures de la biologie moléculaire, Loop Dee Science a mis au point un petit appareil d’analyse transportable capable de repérer la présence du Covid-19 dans un échantillon en quelques minutes contre plusieurs heures par la méthode classique. Le procédé intéresse l’Institut Pasteur.

« Tester, tester, tester. » Outre le manque de réactifs, la nouvelle doctrine gouvernementale en matière de dépistage du coronavirus risque de se heurter à un autre écueil : la course contre la montre. Explication. Entre l'acheminement d'un échantillon jusqu'à un laboratoire, son analyse et la délivrance du résultat, il s'écoule souvent deux à trois jours durant lesquels un patient positif est laissé dans la nature avec le risque qu'il contamine ses proches.

Du chien à l'homme

Une biotech caennaise pourrait bien avoir trouvé la parade. Experte dans l'analyse de l'ADN, Loop Dee Science a transposé au Covid-19 une technologie d'amplification moléculaire qu'elle avait initialement développé à des fins vétérinaires pour dépister le Sida du chat et... le coronavirus du chien. Elle a conçu une sorte de mini-laboratoire portatif et un kit de diagnostic capable de détecter la présence de l'ARN du virus en trente minutes. Le tout directement au chevet du patient.

Actuellement testé sur une cohorte de mille personnes avec la complicité du service de virologie du CHU de Caen lui même expert en coronavirus, la méthode a donné d'excellents résultats lors des essais théoriques « équivalents à ceux des tests PCR tels qu'ils sont réalisés aujourd'hui », assure Stefan Gallard, l'un des co-fondateurs de la société.

Un procédé gagnant-gagnant

Outre sa rapidité et son coût très raisonnable - moins de 1.000 euros par appareil et moins de 30 euros par diagnostic -, le procédé présente un autre intérêt. Il utilise un mix de réactifs produits en Europe pour lesquels il n'existe aucun risque de pénurie. De quoi aiguiser l'intérêt de l'Institut Pasteur qui vient de lancer une étude dans l'idée de transférer la véloce technologie caennaise sur les énormes thermocycleurs qu'utilisent les laboratoires de référence pour analyser les échantillons naso-pharyngés. Avec à la clef, possiblement, un important gain de temps... et d'argent.

En attendant, Loop Dee Science continue de plancher sur l'industrialisation de son appareil. S'il obtient le feu vert des autorités sanitaires, ce qui en France ne relève pas de la promenade de santé, le LoopX sera fabriqué par Eldim, une autre PME normande, qui fournit à Apple le système de reconnaissance faciale de l'iPhone X. Les premiers exemplaires pourraient être livrés dans le courant du mois de mai.

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Commentaires
a écrit le 04/05/2020 à 14:10 :
La priorité est de mobiliser une biotech.
On est sur que l'on a plus de marge sous le pied comme les labos vétérinnaires?
Parce que le genre de solution proposée ici á premiére vue ca risque de couter cher et de mettre du temps pour la montée en cadence.
a écrit le 02/05/2020 à 22:07 :
Ça démarre mal : "créée il y a trois ans, LDS a mis au point un petit appareil d'analyse covid-19" (je paraphrase).
Comment est-ce possible, dès lors que le covid-19 était inconnu il y a six mois, et que six mois plus tard on ne sait toujours rien de lui, même après le sequencage de son génome ???
Comprends pas
Réponse de le 03/05/2020 à 9:33 :
Effectivement, vous ne comprenez pas, et votre paraphrase est fausse : les coronavirus sont une famille de virus connus depuis des années, par contre le COVID-19 est une apparition récente.
Donc s'ils savent déjà dépister d'autres coronavirus, et notamment ceux présents chez les animaux, ça n'est pas aberrant qu'ils puissent adapter leur technique au COVID-19, dont la séquence de l'ADN est connue depuis déjà le mois de février.
a écrit le 02/05/2020 à 20:40 :
L’objectif de cette création :
Est un gros mensonge , car les animaux vivent très bien avec le coronavirus, mieux que les humains, ils le supportent très bien ...
Vous nous prenez pour des c**** ?
Alors que des gens meurent par milliers du sida , sras, et de l’Ebola( depuis des décennies en Afrique )
Vous croyez vraiment que des labo vont dépenser de l’argent pour « ça « ?
Je trouve que le nom de l’institut pasteur sort en - dessous de chaque puzzle de cette pandémie ? Pourquoi ?

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