Réalité augmentée : la startup EyeLights lève 2,5 millions d'euros pour transformer la conduite

EyeLights AR réalité augmentée
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EyeLights AR réalité augmentée
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Et si votre pare-brise de voiture et la visière de votre casque de moto remplaçaient le smartphone ou l'écran d'information de la voiture ? Les informations essentielles (vitesse, GPS) s'y afficheraient en temps réel sans que le conducteur ait besoin de quitter la route des yeux. C'est ce que propose, grâce à la réalité augmentée, la startup EyeLights, qui vient de boucler sa première levée de fonds, d'un montant de 2,5 millions d'euros. La pépite toulousaine a fait appel à Breega Capital et du fonds Ambition Amorçage Angels (F3A), géré par Bpifrance dans le cadre du Programme d'investissements d'avenir.
Créé fin 2016 par les ingénieurs Romain Duflot et Thomas de Saintignon, EyeLights est née à cause d'un inconfort ressenti par tous les motards : la nécessité de baisser les yeux pendant une à deux secondes vers le GPS ou le smartphone posé sur le guidon, ce qui nuit à la capacité d'anticipation du conducteur et peut causer des accidents.
Fils d'un pilote d'essai, motard lui-même et ancien de Dassault Aviation et d'Airbus, le jeune entrepreneur de 27 ans a donc eu l'idée, avec son ami d'études Thomas de Saintignon (aujourd'hui directeur technique de la startup), d'adapter au monde de la moto une technologie de réalité augmentée déjà utilisée depuis longtemps par l'aviation de chasse. « On a démonté et reconstruit toute la solution, en co-construction avec des motards, en gardant en tête qu'on voulait une technologie intuitive, non-intrusive et abordable financièrement », précise-t-il.
Le résultat est un module qui se "clipse" au casque de la moto, et qui permet de projeter sur la visière le GPS, la vitesse de l'engin et les informations du trafic, le tout en temps réel grâce à une connexion BlueTooth avec le smartphone. Le dispositif coûte 650 euros, « soit l'équivalent d'un GPS moto et d'un kit main-libre » selon Romain Duflot, et permet donc de transformer le casque en dispositif connecté, qui peut également diffuser de la musique ou être commandé avec la voix.
Pour l'heure, l'entreprise a déjà écoulé "plus d'un millier de pièces" depuis le lancement de la commercialisation, en septembre 2017. Le module EyeLights est distribué soit en vente directe sur son site internet, soit grâce à sa présence sur divers réseaux de distribution d'accessoires de moto en ligne, dont la plateforme Motoblouz, et de plus en plus dans des magasins physiques spécialisés.
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Grâce aux 2,5 millions d'euros de la Série A - qui suit une levée d'amorçage de 250.000 euros clôturée en janvier 2017 -, EyeLights espère faire décoller les ventes, notamment en attaquant le marché européen. Son site sera d'ailleurs disponible dans une version anglaise dans les prochains jours. Elle compte passer de 12 à 20 salariés d'ici à la fin de l'année 2018, à la fois pour renforcer l'équipe commerciale et pour développer la R&D afin de lancer de nouveaux produits.
Dans le viseur à moyen-terme : "tous les autres secteurs du transport". Effectivement, la technologie peut être transposée pour révolutionner de nombreux usages liés à la mobilité. Dans la voiture bien sûr, qui est le prochain marché de EyeLights, la réalité augmentée permettra de transformer le pare-brise en écran de pilotage afin de remplacer le tableau de bord. « Le besoin est moins évident que pour la moto où il y a un enjeu de sécurité plus fort, mais il n'est tout de même pas normal qu'un conducteur de voiture doive quitter les yeux de la route pour consulter son GPS. La réalité augmentée va intégrer la voiture, c'est une évidence », affirme l'entrepreneur, qui voit aussi un potentiel de développement fort, à long terme, dans « de nombreuses verticales », notamment dans l'industrie.
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Si la route est pour l'instant plutôt dégagée dans l'univers de la moto, où le marché est déjà colossal - 35 millions de motards en Europe -, il va falloir aller vite pour se faire une place dans la voiture. Car les géants du Net (dont Google, Uber, Nvidia) et de nombreux constructeurs automobiles (dont Jaguar, Honda, PSA-Peugeot-Citroën...) travaillent ou ont déjà présenté des prototypes de GPS en réalité augmentée.