Santé : Remedee Labs lève 11 millions d'euros pour révolutionner le traitement de la douleur

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Remedee Labs, issue d'un centre de recherche, est parvenue à miniaturiser à l'extrême, sous la forme d'une puce minuscule, une technologie anti-douleur.
Remedee Labs, issue d'un centre de recherche, est parvenue à miniaturiser à l'extrême, sous la forme d'une puce minuscule, une technologie anti-douleur. (Crédits : Remedee Labs)
La MedTech grenobloise a mis au point le premier simulateur d'endorphine par ondes millimétriques à usage individuel pour mieux gérer la douleur. Issue du CEA (Commisariat à l'énergie atomique), l'innovation brevetée dispose d'un marché au potentiel très important, à la fois en France et à l'international.

Bientôt un médicament achetable en pharmacie pour mieux supporter n'importe quelle douleur ? Ce serait le rêve de Jacques Husseru, David Crouzier et Michael Foerster, les trois cofondateurs de Remedee Labs. Après plusieurs années de travail souterrain pour développer une technologie de rupture créée au CEA de Grenoble, la deeptech fondée en 2016 annonce sa première levée de fonds, d'un montant de 11 millions d'euros, pour financer des essais cliniques dans le but d'aboutir à la mise sur le marché de plusieurs produits antidouleur.

Une somme un peu trompeuse, qui comprend en réalité trois opérations : un tour de table de 6 millions d'euros auprès du Hardware Club, finalisé l'été dernier avec la participation de Habert-Dassault Finance, Partech, C4 Ventures, Supernova Invest et des investisseurs privés, ainsi qu'une dotation de 2,5 millions d'euros de Bpifrance et 2,5 millions d'euros levés en amorçage en 2016 mais non révélés à l'époque.

Le premier stimulateur d'endorphine, l'hormone qui régule la douleur

Dans le détail, Remedee Labs a mis au point le premier stimulateur d'endorphine par ondes millimétriques pour atténuer la douleur. Si la technique a été découverte dès les années 1970, la grande innovation de la startup est d'avoir réussie à la miniaturiser dans une petite puce. Son module MEET (Microlectronic Endorphin Trigger) fait l'objet de trois familles de brevets, ce qui permet à la technologie d'être intégrée dans des dispositifs portatifs de petite taille, comme des bracelets.

"Après une exposition de trente secondes aux ondes millimétriques lorsque l'objet est placé dans une zone très innervée comme le poignet, le patient se met à sécréter des endorphines, qu'on appelle aussi "hormone du bonheur" et qui ont un effet puissant d'analgésique naturel pour l'organisme", explique le cofondateur et directeur général Jacques Husser.

L'avantage de la miniaturisation et de l'intégration dans différents objets est que la technologie peut théoriquement être utilisée à tout moment et en tout lieu, pour un soulagement rapide et simple de la douleur. Ce qui permet aux fondateurs de rêver à la mise sur le marché, un jour, d'un médicament anti-douleur d'une efficacité redoutable, accessible à tous, partout dans le monde. Remedee Labs se voit aussi comme une potentielle solution à la crise des opioïdes qui fait des ravages aux Etats-Unis, avec 70.000 morts recensés l'an dernier à cause de la sur-médication. "Notre marché est clairement mondial et notre solution peut être efficace pour traiter de nombreuses sources de douleur", confirme David Crouzier, le cofondateur et directeur scientifique. Qui pondère : "Mais le chemin est encore long et il nous faut nous concentrer sur les verticales les plus pertinentes".

Essais cliniques ciblés et débouchés dans le monde hospitalier

C'est tout l'objet de la levée de fonds. Après un essai d'innocuité réussi du premier coup en 2017, le stimulateur d'endorphine de Remedee Labs va désormais faire l'objet d'au moins trois nouveaux essais cliniques, très consommateurs de temps et de capitaux. Le premier est mené avec le CHU de Grenoble. S'il est concluant, l'hôpital souhaiterait intégrer la solution pour la prise en charge de douleurs péri-opératoires spécifiques comme les douleurs rhumatismales, avec l'objectif de diminuer le recours à d'autres médicaments.

La startup prépare également d'autres essais cliniques, dont un portant sur la prise en charge des migraines et céphalées, et un autre se positionnant en support des soins de rééducation dans le but d'en accélérer et améliorer les résultats. Le premier de ces essais devrait être lancé début 2020.

"Nous vivons aujourd'hui un tournant historique, où la technologie nous permet d'aller au-delà des drogues et des médicaments traditionnels, comme les opioïdes. Nous avons été très impressionnés, en voyant le travail de Remedee Labs au CEA-Leti, par la qualité de leur équipe et l'ampleur de leur vision. Les premiers résultats sont sans précédent et donnent le ton à ce qui suivra", affirme Alexis Houssou, président du Hardware Club.

La startup de 25 employés n'espère pas engranger ses premiers revenus avant au moins deux ans. Mais contrairement à beaucoup de deeptech, elle n'a pas connu de grandes difficultés pour trouver de l'argent, les investisseurs étant attirés par l'énorme marché potentiel d'une innovation unique au monde.

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a écrit le 15/11/2019 à 11:14 :
Encore une idée assez fumeuse qui repose sur des suppositions de physiciens peu au fait de la biologie . J’émets des doutes serieux sur la generation d'endorphine par ondes millimetriques à la fois à des doses suffisantes et de maniere saine ( sachant que l'endorphine se genere au niveau du cerveau et se degrade rapidement , je vois mal sa generation au niveau du poignet ) .
Encore un fantasme organisé par un laboratoire public ( CEA ) qui essaime ( ce qui a tout les aspect d'un abus de bien public ) et qui profite aux chercheurs qui ont eu tout le temps et l'argent public pour developper un systeme dont eux seuls recolteront les benefices et surtout ne prendrons aucun risques puisqu'ils peuvent reintegrer leur labo en cas d'echec .
ça sera comme les 4.3 millions depensés en pure perte pour le sexage optique des oeufs dont on pouvait ( enfin les specialistes objectifs de la spectroscopie ) pronostiquer l'echec avant le depart . ( je n'ai pas le temps de faire la liste de toutes les gabegies du meme ordre , ça comprendrait bien sur la route solaire de segolene )
On se revoit dans 3 ans ( mais je suis fiable à 100 % sur mes predictions )
Quand les politiques qui decident pour ce genre de projet seront des femmes noires et scientifiques les choses iront peut etre mieux .
Réponse de le 16/11/2019 à 10:00 :
Ce qui me paraît fumeux, c’est votre commentaire :D
Soutenir une idée, lui donner une chance de réussir, encourager au lieu de torpiller, ouvrir des voies, voilà le sens du progrès. Il se peut qu’il ait des points à creuser c’est bien normal ça s’appelle l’expérimentation.
Pour ma gouverne, j’ai grand respect pour les femmes noires ou non, en quoi seraient-elles plus contributives ?
Réponse de le 16/11/2019 à 10:01 :
Ce qui me paraît fumeux, c’est votre commentaire :D
Soutenir une idée, lui donner une chance de réussir, encourager au lieu de torpiller, ouvrir des voies, voilà le sens du progrès. Il se peut qu’il ait des points à creuser c’est bien normal ça s’appelle l’expérimentation.
Pour ma gouverne, j’ai grand respect pour les femmes noires ou non, en quoi seraient-elles plus contributives ?

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