LA TRIBUNE DIMANCHE — Certains parlent d'une bulle autour de l'IA générative, qui a fini par décevoir certaines entreprises. Pourquoi ?
ÉMILIE SIDIQIAN — Il y a eu un effet bulle autour des IA génératives dites « copilotes », comme celles de Microsoft et de Google, qui produisent un texte à la demande. Beaucoup de sociétés se sont jetées dessus sans savoir quoi en faire, sans stratégie, et donc sans retour planifié sur investissement. Les copilotes se sont avérés déceptifs. ChatGPT peut organiser vos vacances mais il est moins pertinent sur des questions de stratégie. Heureusement, nous arrivons à une nouvelle phase de l'intelligence artificielle, celle des agents.
Les agents ne seront pas déceptifs ?
Les agents ne se contentent pas de rédiger des e-mails, ils suggèrent des décisions et peuvent agir. Ils prennent parfois la forme de collègues virtuels qui échangent avec nous à partir des données auxquelles ils ont accès. Salesforce est au cœur de cette révolution car notre plateforme rassemble déjà une multitude de données internes à l'entreprise. Les agents peuvent aussi prendre le relais sur certaines tâches. Par exemple, quand un client appelle le SAV après 22h, un agent IA peut lui répondre. Il s'adapte au ton de la voix du client et accède à son dossier. J'ai moi-même créé mon propre agent. Connecté à mes conversations Slack et à ma base de connaissance, il peut répondre à des demandes d'informations de clients.